Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 09:43

Ouvert le 24 janvier 2017, le nouveau procès AZF en appel en est à ce jour dans sa 15 ème semaine d’audiences.

Les 26 et 27 avril,  des représentants et militants de l’association « Plus Jamais Ça, ni ici, ni ailleurs », parties civiles dans ce procès qui ont requis la citation directe de Total et de son PDG, des représentants de  la Coordination Nationale entendaient, par leur présence aux audiences et devant le Palais de Justice à Paris,  rappeler leur combat contre Total et son PDG et contre le risque industriel.

Procès AZF :  jeudi 27 avril,  la citation directe,   Total au tribunalProcès AZF :  jeudi 27 avril,  la citation directe,   Total au tribunal

Ce jeudi sera examinée la citation directe à l’encontre de TOTAL et de son PDG de l’époque, Thierry Desmaret.

Pour Plus Jamais Ca ni ici ni ailleurs, les prévenus, Grande Paroisse (propriétaire de l'usine AZF) et son directeur (Serge Biechlin) ne décidaient quasiment rien, ils recevaient des injonctions de TOTAL, notamment en matière d’investissements et d’organisation sur la sécurité. Durant le procès, comme pendant toute l'activité industrielle, le chef d'orchestre décidait et le sous-fifre faisait ce qu'on lui disait de faire : il est donc logique que TOTAL et son PDG de l'époque soient présents dans ce procès.

 

Pour nous, l'organisation de la production reste la mère de la fiabilité. Les lacunes en matière de sécurité ont été pointées par les nombreux rapports qui ont suivi l'explosion. Elles ont été rappelées dans les attendus des deux précédents procès : manquement à l'obligation d'évaluation des risques, manquement à l'obligation de maîtrise de la production, manquement à l'obligation de la gestion des déchets, manquement à l'obligation de collaboration avec la justice... entrave à l'enquête, dissimulation, tromperie, défense fallacieuse de l'industriel. Et aujourd'hui les prévenus souhaitent profiter du bénéfice du doute. Ils se cachent derrière leurs propres lacunes pour dire “nous ne connaissons pas la vérité”. Alors qu'ils ont obligation de savoir ce qui s'est passé !

 

En conséquence, il nous paraît que les défaillances organisationnelles dont l’origine ne peut se trouver ailleurs que dans les consignes données par la maison mère à ses filiales successives, et l'organisation qui en découle sur les salariés en bout de chaîne, doivent être dénoncées. Nous souhaitons donc que Total et son PDG soient condamnés.

 

Pour Plus Jamais Ça, Ni Ici, ni ailleurs, le droit et les pratiques judiciaires doivent aller vers une plus grande responsabilisation des industriels. Ce n'est pas en renonçant à une condamnation à l'encontre d'une entreprise pour sa pratique totalement centrée sur le profit, non respectueuse de la sécurité des salariés ou des riverains, et agressive à l'encontre de l'environnement, que le Tribunal rendra service à la société. C'est en réprimant les auteurs de ces délits que le droit sera socialement utile.

Total acquitté serait signifier à tous, “Allez y !”. Car comme le dit l'avocat de Total, “le droit est l'aboutissement des rapports de force dans la société à un instant donné” ! Ce serait le plus mauvais signal à donner aux autres gestionnaires d'installations dangereuses. Car Total est sans doute le plus mauvais élève de la classe, et il suffit pour s'en convaincre de compter sa notoriété judiciaire ! Il est celui qui joue le plus avec la ligne blanche, tant en matière de sécurité, d'éthique, que de probité.

Pas d'impunité pour le crime industriel ni à Toulouse, ni ailleurs !

 

Partager cet article

Repost 0
Published by PJCNina-CdP
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de PJCNina-CdP
  • Le blog de PJCNina-CdP
  • : Ce blog a été crée lors de l'ouverture du procès en 1ère instance, concernant l'explosion d'AZF, pour publier et commenter les résumés d'audience au fur et à mesure.
  • Contact

Recherche

Liens