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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 17:03

Mercredi 25 fevrier en début d'après midi, nous n'en menions pas large. Les probabilités pour agrafer Total étaient extrêmement ténues, même si le dossier bâti par Christophe Léguevaques était consistant. Surtout après l'intervention de Jean Veil, défenseur de Total, qui avait si bien su renvoyer cette citation directe aux poubelles de l'histoire avec juste ce quil faut d'arrogance pour ne pas être impoli, mais efficacement saignant. Est alors arrivé à la barre Simon Cohen, avocat d'un certain nombre d'entre nous....


Après quelques phrases compassionnelles inévitables, Simon Cohen a commencé sa démonstration par l'universel: la fin de l'arbitraire, c'est quand n'importe lequel des citoyens peut mettre en marche la justice, contre qui que ce soit, même le plus puissant. Certes, il convient de ne pas abuser et donc de ne pas remettre en route la justice contre quelqu'un qui a déjà été jugé, et pour cela, la loi existe. Mais cette loi doit être interprétée de façon stricte et non pas large. Donc bien sûr, pas de remise en cause de la chose jugée...à condition que cette chose soit explicitement jugée.


Simon Cohen a ensuite fait de la micromécanique du droit en démontant chacun des actes avancés par Jean Veil comme preuves de la prétendue innocence de Total.

Ce n'est pas avec un dépôt de plainte vaguement repoussé par un juge d'instruction, sans audition ou sans recherche que l'on peut considérer la chose comme jugée. «La chose jugée, où? Débat dérobé, enquête tronquée, ça oui !». «Total et Desmarets ont-ils été entendus, confrontés, interrogés ? Non!» Et cet état de fait «à cause de ce postulat selon laquel Grande Paroisse est une personne morale , un organe autonome, indépendant....Or est-ce le cas?» Mais il avait répondu quelques minutes auparavant: «Grande Paroisse est une ombre, un paravent, un faux-nez, une progéniture» avait-il dit.


Après avoir couvert une vertigineuse étendue de réflexion entre l'universel et la micromécanique de la chose jugée, il en vient au contexte: 1)Des archives papier de l'usine AZF mises sous scellés rapidement après l'explosion d'AZF et oubliées dans un garage, sont ressorties après la clôture de l'instruction, entendant par là que l'ordonnance de renvoi n'en tient pas compte. 2) «Y a-t-il une impunité de principe?» 3) «Que craint-il, Thierry Desmarets, que craint-il? Des victimes contaminantes?» Pourquoi ne viendrait-il pas s'expliquer devant les très nombreux toulousains qui veulent savoir? 4)Il n'y pas eu de mise en examen de Total mais a-t-on fait de vraies recherches?

En conclusion: «Derrière le mot implicite se cachent toujours des sous-entendus. Or c'est une décision explicite que les victimes méritent, pas une pseudo décision implicite.» Ce qui est, à la fois, une remarque assez acerbe à l'encontre des juges qui ont instruit le dossier et un appel au tribunal pour la durée du procès à produire des décisions comprises.


Et il faut bien reconnaître qu'après cette époustouflante démonstration, le grand silence qui a suivi ne nous a pas inquiété. «Total au tribunal», depuis longtemps notre intime conviction, avait soudain des chances de devenir une réalité.....Et ceci par la voix de Simon Cohen, plus émouvant que Shakespeare, rassemblant dans un même discours le monologue de Shylock et le plaidoyer de Portia dans le «Marchand de Venise», et par le travail de synthèse de Christophe Léguevaques qui avait réuni les éléments de logique dans le mémoire de la citation directe.

Alain

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  • : Ce blog a été crée lors de l'ouverture du procès en 1ère instance, concernant l'explosion d'AZF, pour publier et commenter les résumés d'audience au fur et à mesure.
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