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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 23:45
Ce jour, témoignages des victimes.

Pas la peine de tout raconter, il n’y a rien de plus que ce qu’il y a dans les journaux, sinon l’émotion, et quelques avis. Voici ce que j’ai retenu :

G. Ratier : Son fils, employé OTIS, faisait la maintenance des monte-charges de la zone Nord. Gérard a reconnu son fils à la télé (vêtements, chaussures, mollets velus) dès l’après-midi. Il ne dira rien, laissera l’espoir à sa femme tout au long du calvaire qu’ils ont enduré pour tenter d’obtenir des informations au téléphone (jusqu’à la Préfecture qui les fait lanterner le samedi matin. L’annonce officielle du décès leur sera donnée le samedi après-midi…
« Pour la première et peut-être la dernière fois je raconte mon histoire de l'explosion d'AZF, et prenant l'Histoire en otage, je dirai jouissance boulimique du profit est dérisoire au regard de la vie, surtout quand on la perd, je vous demande d'y penser ! »

Brice Le Doussal, fils de Thierry Le Doussal, salarié d'AZF mort dans l'explosion : « J'ai écrit en mars 2002 une lettre au président de Total lui demandant pourquoi il n'aidait pas ma maman qui cherchait de l'argent pour nous maintenant que notre papa est mort. Il ne m'a jamais répondu. »

Mme Le Doussal : "Je n'ai rien à gagner ou à perdre en témoignant (...) Mon mari a travaillé sur la sirène Seveso et elle a marché. Ensuite il a été affecté sur la mise en norme ISO 14000, cela était difficile, salariés, DRIRE, hiérarchie (...) La semaine avant le 21/09 il était préoccupé, le mercredi il m'a enfin dit : "il en faudrait peu pour que cela explose". Il avait demandé à Mr Biechlin d'arrêter la production : NON (ce que Mr Biechlin a contredit durant l'enquête). Il s'est confié à notre voisin Eric et à des amis du rugby (...) Il ne rapportait rien à la maison, toutes ses inquiétudes ont peut-être été consignées dans son ordinateur que l'on n'a pas retrouvé. (...) Quand on stocke dans les conditions prévues, on limite les risques ! (...) Le 21, entre 9h50 et 10h10 (récré, elle est prof), ils se téléphonent, elle a un « sentiment bizarre » [pensée magique dira JF Grelier] (…) On a mis 14 heures pour me prévenir du décès de mon mari (…) Les premières années, nous avons été invités à la commémo [ils ont déménagés à Caen], depuis, plus rien, cela me choque et prouve un manque de tact (...)"

Mme Bonzon, sœur deBernard Lacoste, depuis 1984 à AZF, décédé le 21/09/01 : "Où est Total ? Fini les profits, où est la vérité ?" Malgré cela, son père, qui a travaillé de 1963 à 1974 à AZF, et elle-même ne peuvent laisser dire qu’AZF était une poubelle. « Comment se fait-il qu’au bout de quelques heures après l’explosion, on ait affirmé que c’était un accident ? »


Mme Masera (victime et témoin, aujourd'hui victime) : Broyée dans sa camionnette de livraison, porte A d'AZF. "Mes seuls soutiens ont été Purpan, les pompiers, Mr Paillasse [qui lui a fait un garrot et l'a désincarcérée], ma famille et celle de mon mari, pas la société ; Je ne dis pas merci à la société ! Je témoigne car après 7 ans et demi dans l’ombre, il le faut et je tiens à dire que je ne suis pas la seule dans ce cas-là ! J'espère avoir des réponses à mes questions."

Mr Daoud (victime et témoin) Salarié de TMG, prestataire, a fait 22 ans dans l'usine, ne sait faire que ça. Gravement blessé, en incapacité, est chômeur et touche 400 € de chômage + 200 de RMI pour combler...

Mme TRAVERS, directrice de l'école des Oustalous à l'époque : "dans le souci d'évacuer les enfants, aucun de mes collègues ni moi-même n'avons pensé à partir avec le registre d'appel, enfoui sous les décombres. Cela nous a ensuite été reproché par la hiérarchie..."

Mme Cadours, éducatrice spécialisée de Bousquairol, établissement d’accueil d’enfants et adolescents handicapés : « des baies vitrées en vitres incassables se sont écrasées et cassées sur les enfants après un vol de 3 mètres »

Mr Gilles Couralet, salarié SNPE et riverain : « Ce qui a été terrible, après cela a été la diabolisation du site chimique par des riverains et certaines associations, j'ai été traité d'assassin dans mon quartier, ma fille en a subit un traumatisme à l'époque (…) Suite au plan social à la SNPE, nous sommes passés de 600 à 80 salariés, j’ai dû accepter, à 50 ans, un travail en 3X8 »
Le président demande si un événement précurseur aurait pu se produire, si certains salariés en auraient parlé ? NON ! Consignes de la direction ? NON !

Mme Carole, sur la rocade :
C’est Mr Fourest (Comité de défense des victimes d'AZF) qui, après 5 ans de silence, l’a persuadée de rencontrer des experts, et c’est pourquoi, elle, au contraire d’autres toujours silencieux, est là.

Mme PECH, Cité du Parc. Etait à 50 km de Toulouse quand elle a entendu à la radio qu'il y avait eu une explosion. Elle téléphone aux pompiers, qui lui disent que si elle a des problèmes respiratoires, elle devrait attendre lundi avant de revenir...

Frédéric Diaz, CDI SNPE depuis août 2001, a été blessé, licencié dans le plan social. « J'ai trop peur de retravailler là où j'ai été formé »

Ensuite, requête de G. Ratier de projeter de manière permanente le plan d'AZF pour qu'on s'y retrouve. Décision d'afficher le plan en grand et de tenir à disposition des plans en A3. Problème, la meilleur carte est celle des zones contenant de la matière radioactive, on mettra du blanco dessus...

Ouverture de 2 scellés (Cass 1 et cellule AV1) contenant des cassettes qui seront visionnées plus tard...

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Published by PJCNina-CdP
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  • : Ce blog a été crée lors de l'ouverture du procès en 1ère instance, concernant l'explosion d'AZF, pour publier et commenter les résumés d'audience au fur et à mesure.
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