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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 14:42
 

Louis Arbus, honorable médecin, n'a rien à nous dire et ce qu'il sait, plein de vérité, est “en son âme et conscience”.


Thierry Lang, “AZF, le premier exercice en vraie grandeur”.1° Il y a eu tout de suite beaucoup de bronchites et conjonctivites sans gravité, et de traitements du stress (+ 5000 traitements aux psychotropes dans les premières semaines), et des accidents du travail liés à la surdité nouvelle. 2°Concernant les troubles de la santé mentale, si tout le monde y est exposé, des fragilités socio-économiques sont apparues qui n'existaient pas dans la littérature auparavant: si on avait des antécédents de prise de psychotropes, si on était au chomage, et si on était étranger, alors, l'exposition produisait plus de troubles. Culturellement, “la santé n'est pas une priorité face aux difficultés de la vie”, ce qui fait que 30 à 40% des personnes qui se savaient souffrantes ne sont pas allées consulter un médecin.,...L'incidence des infarctus a été multipliée par 3,


Christophe Léguevaques (avocat de la Mairie de Toulouse) a donné les chiffres des décès sur la commune de Toulouse:

Année

1999

2000

2001

2002

Nb de Décès

5015

4985

5135

4745


Par rapport à la moyenne sur 4 ans, l'année 2001 comprend 165 décès supplémentaires, et 390 par rapport à la seule année 2002.


TL Il y a trop de facteurs qui entrent en jeu et trop de variabilité dans l'environnement pour que l'on puisse en tirer des enseignements rigoureux.


Agnès Caséro (avocate de l'Asso des victimes d'AZF) “comme il n'y a pas de statistiques rigoureuses, quand nous avons souhaité demander une indemnisation pour un décès, nous n'avions aucun moyen pour le faire. Indirectement, elle pose la question : à qui profite le doute scientifique ? La réponse est : Certainement pas aux sinistrés!


De l'assureure chargée du dossier chez AON, nous avons appris que des responsabilités partielles ont été reconnues par Total pour 3 personnes en plus des 31 personnes décédées reconnues officiellement, qu'il y a eu 20 800 blessés, 16 800 blessés physiologiques et psychologiques. En tout, plus de 80 000 dossiers matériels, psychologiques, physiologiques, préjudice moral, etc ont été ouverts, plusieurs dossiers pouvant concerner la même personne.


Me Forget (Asso Mémoire et Solidarité) a voulu insister sur l'”exceptionnalité” de la situation d'alors. Et Me Coste-Fleuret (Grande Paroisse) a exposé le concept de collégialité dans la gestion des dossiers, et en a rajouté sur l'engagement de Grande Paroisse aux côtés des sinistrés. Il est intéressant de noter que ces deux avocats ont l'air d'avoir des positions voisines, et que Me CF à déclaré: “le prjéudice spécifique est un principe novateur dans le cadre d'un accident industriel”. Lapsus ou évolution de position?



Au bilan de cette partie “santé et dédommagement”, l'on voit que si l'on croise les freins culturels des victimes, l'absence de statistiques rigoureuses de la part des pouvoirs publics sur la mortalité supplémentaire et le long délai avant la mise en place du préjudice spécifique, Total s'en tire vraiment à bon compte.



Présentation de différentes associations parties civiles


Corinne Muller : Nombreuses séquelles dans la populations non prises en compte. A fait partie de l'association “Vivre après l'explosion d'AZF”. Elle s'est battue pour cela n'arrive plus jamais ni ici ni ailleurs. Asso dissoute depuis. Elle a un message aux anciens salariés d'AZF: “les fautes sont du ressort de vos dirigeants”.



Jacques Mignard, Association AZF, Mémoire et Solidarité, des anciens salariés de l'usine.

Cette usine a fait vivre un grand nombre de Toulousains; les ouvriers ont travaillé sans crainte et avec honnêteté.” “C'était un lieu de VIE où l'on gagnait sa vie”. La ville s'est rapprochée de l'usine. “Des réunions publiques étaient organisées où peu de riverains venaient”.

Le 21 sept 01, il est passé devant le hangar 221 une minute avant. Il n'a aucun souvenir de l'explosion. Il était animateur sécurité. Il a suivi les consignes. Il a tout de suite compris qu'il n'y avait pas de risque de pollution, il est allé chercher ses camarades sans masque. “On a oublié les collègues des ateliers Sud qui ont mis en sécurité, sans quoi, les morts auraient été beaucoup plus nombreux”. Il a “la conscience parfaitement tranquille”. “l'usine était très correctement tenue”.Le risque? “Quand on se déplace en voiture pour des raisons de confort, on prend un risque. Sinon on marche à pied, mais c'est plus fatigant”. “La vie elle-même, c'est un risque”. La période après la fermeture de l'usine, “nous avons été ignorés. Seul jean-Louis Chauzy (Conseil Economique et Social Midi-Pyrénées) nous a soutenu. Tous les autres nous ont ignoré. “

500 à 600 adhérents à l'association: c'est la plus importante association de sinistrés”. Les moyens de l'association veinnent des fonds du Comité d'entreprise, qui appartenaient aux travailleurs. “Je tiens les comptes à disposition, ce serait bien que tout le monde en fasse autant”. Au début il lui semblait que l'accident industriel était possible. “Aujourd'hui, je me pose des questions”. “Il ne s'agit pas d'une opération teléguidée par je ne sais qui, mais notre honneur a été bafoué. Nous devons la vérité à nos morts”. L'enquête a été conduite de façon bizarre. “Et ce n'est pas de la diversion, c'est de l'interrogation. Nous avons dans nos rangs des gens qui ont 30 ans de métier dans l'ammonitrate”.


Stéphane Giquel Secrétaire de la FENVAC (fédération Nationale des Victimes d'accidents collectifs) 70 accidents collectifs membres. Corédacteur d'un guide pour les suites des accidents collectifs. Un certain nb de bémol sur l'idée que les dédommagements auraient été idylliques.

Les missions de la FENVAC: 1) accompagnement, 2) recherche de la vérité dans le cadre judiciaire, 3) prévention, 4) devoir de mémoire.

La Fenvac est partie civile en “contrepied du discours de Soulez Larivière sur la parole des victimes”. “Ce procès n'est pas hors norme, c'est la catastrophe qui l'est”. “Un accident collectif, c'est la faillite d'un système qui amène la ruine de la confiance”.

La Fenvac est convaincue de l'origine chimique interne”. “Il y a eu parasitage de l'enquête par la CEI de Total”. “On n'a jamais vu une enquête interne autant parasiter une enquête officielle”. Demande au tribunal de donner un signal fort aux créateurs de risques. La responsabilité morale de Total est très importante.

Ont l'air d'avoir des rapports tendus avec Soulez-Larivière.



Frédéric Arrou (Association des sinistrés du 21)

Jamais nous n'avons considéré les salariés comme responsables de ce qui est arrivé”. “Leur sentiment sur ce sujet n'est pas avéré, il a été construit.”

Le 21 sept est une pierre noire dans notre vie.” “Il y a eu ceux qui ont pu dire et ceux qui n'ont pas les mots. Ceux qui sont présents et ceux qui ne viendront plus jamais”. Les quartiers d'exclusions ont été les premiers et les plus gravement touchés.

Nous avons été choqués par les propos visant Me Léguevaques, notre avocat: en insultant notre avocat, c'est notre dignité qui est atteinte.”

Tout le monde assure de son désir de vérité mais certains enfument.””Nous voulons la vérité pour qu'au bout du compte, ce malheur soit utile”.



Gérard Adam (Asso Bernadette en Colère, (parce que située rue Bernadette)

Dans le quartier tout le monde avait le sentiment de vivre près d'une bombre à retardement. Même si certains prétendent le contraire. Les odeurs nous ravivaient ce souvenir, mais on s'était habitué.

Le 21 septembre, chaos, entraide, sidération, journées de 18 heures, forçats, galériens, … le nom de l'asso est significatif de l'état d'esprit du moment, présent encore aujourd'hui. “Les zones chimiques ne devraient pas être installées selon les normes officielles en qui personne n'a confiance, mais selon les normes des habitants du quartier”.

On nous a toujours tenus pour des fâcheux”. “Nous avons échappé à la suppression du quartier”. Le projet “écosite” est une montagne qui accouche d'une souris. “Nous vivons toujours sous la menace persistante d'une zone Seveso”. “La générosité de Total est une fleur de réthorique”.



Gérard Ratier: Asso des familles endeuillées.

Pourquoi lire les pièces du dossier alors que cela ne nous rendra pas nos disparus?”

En juin 2002, en lisant une déposition d'un membre de la Commission d'Enquête Interne (CEI), GR a une suspicion; “Total a l'intention de tromper les vivants, et les morts.”

Dès les premiers jours après le 21 sept la CEI a immédiatement suspecté l'incompatibilité des produits. Il y a eu des croisements de produits dans le hangar 335 ou demi-grand, constatés par la CEI à l'insu de la police. Profonde modification de l'état des lieux par la CEI. Sans les agissements de la CEI, la police aurait trouvé d'autres sacs de produits chlorés. Les membres de la CEI ont entravé l'enquête. Tout au long de son enquête, la police arrive toujours sur des lieux modifiés. “Total essaie de comprendre ? mais il suffit de demander à la CEI !”. Comme les membres de la CEI ont fait des déclarations contradictoires, c'est la preuve qu'il y a intention de la part de Total. “Mais en agissant ainsi, Total confirme qu'il y a bien eu accident chimique!” Le scénario est simple: Au Nord les nitrates, au Sud, le chlore, séparés par la distance. En 2000, mise en place du recyclage des sacs d'ammonitrates avec bennes bleues dans la partie Nord. Mais nettoyage et stockage dans la partie Sud, c'est la première opportunité de croisement des produits. Quelques mois après, mise en place de la collecte de sacs de produits chlorés du Sud rassemblés dans le même bâtiment, C'est la deuxième opportunité de croisement. Enfin on installe dans ce bâtiment 335 une benne pour receuillir les fonds de sacs des produits, et c'est la troisième opportunité de croisement. La distance de séparation entre Nord et Sud était court-circuitée, parce qu'on a perdu de vue l'incompatibilité des produits.

Ces faits sont incontestables, et c'est pour cela que je les rapporte”, “les responsabilités essentielles se situent au niveau du groupe Total”. “Ni Grande Paroisse, ni Biechlin ne sont responsables, les salariés sont comme nous victimes du groupe Total.”

Il y a eu d'anormales difficultés pour consulter les CD de l'enquête judiciaire.



Pascal Tailleux (Confédération CGT, Fédération Chimie CGT, Union Départementale CGT Haute-Garonne)

J'ai une vision égoïste du risque. Si je suis en sécurité en tant que travailleur, alors mes collègues, les riverains, ma famille sont en sécurité.

Cette catastrophe est d'abord un accident du travail. La politique de Total, c'est la suppression des emplois. Il confirme la thèse de l'accident chimique. Ce sont bien les politiques à risque de Total qui ont créé les conditions de cette catastrophe. Le patronat et l'UIC (Union des Industries Chimiques, membre du Medef) se refusent à tirer le moindre enseignement de ce qui s'est passé. La loi Bachelot est insuffisante et même pas appliquée. "En conséquence nous sommes solidaires de la citation à comparaître à l'encontre de Total". “Il n'y a ni causes externes, ni fatalité, mais des règles à respecter.”


Francis Lessac (Confédération CFDT, Fédération Chimie CFDT, UD CFDT, secrétaire de l'Union Régional CFDT)

Les salariés ont mis le site en sécurité”. N'a apparemment aucune position. Ne justifie pas sa présence en partie civile...



Ce “tour de chauffe” des associations parties civiles permet de se représenter un peu dans quelle culture elles abordent ce procès.


Le fait saillant réside dans la solitude de Mémoire et Solidarité: les stratégies de “M&S” et de son président sont très imbriquées. Les concepts “animateur sécurité”, “savait bien qu'il n'y avait pas de pollution”, “a suivi les consignes” et “pas besoin de masque” de Jacques Mignard sont contradictoires entre eux du point de vue de la culture de la sécurité. De plus l'attitude individuelle du président est rigide, voire provocante, sur une posture peu compatible avec la stratégie affichée de “la recherche de la vérité”. Hormis M&S (et la CFDT, dont on ne comprend pas bien ce qu'elle voit), toutes les associations voient en Total le premier responsable. De nombreuses asso ont aussi tenté de faire passer le message ”les salariés ne sont pas les responsables”, mais ce message ne parvient pas aux destinataires. A ce propos, on peut noter un écart profond comme un cratère de 221, entre le discours de la CGT, et celui de M&S, association qui se présente comme héritière du Comité d'Etablissement et à ce titre issue de la CGT de l'usine AZF.


De la présentation de JM et de la CFDT, on peut aussi retenir que ce sont les capacités physiques et psychologiques des survivants de l'explosion restés à leur poste qui ont empêché le suraccident. La DRIRE et Total devraient s'interroger sur la fiabilité de systèmes automatiques de sécurité en place ici et ailleurs, surtout qu'ils sont les arguments principaux évoqués par les industriels pour minorer les calculs des risques officiels et donc rassurer les riverains.


Alain.





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