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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 14:55
 




Synthèse du vendredi 20 mars :


Témoins entendus: Yvette Benayoun; André Grosmaitre; Robert Saby; Jérôme Berthes;
François Barat

 

Le tribunal va étudier la question de la concertation entre les différents intervenants des diverses enquêtes: commission d'enquête interne (CEI) de Grande Paroisse :, enquête du CHSCT , Drire, Inspection du travail, Inspection générale de l'Environnement, Cram et Police judiciaire.


Le Président veut savoir comment les différents enquêteurs ont travaillé, et comment ils ont, ou pas, communiqué entre eux.


Aujourd'hui la question va se focaliser sur la Commission d'enquête interne de Grande Paroisse: pourquoi n'a-t-elle pas informé les enquêteurs de ses investigations et qu'a t-elle vu et fait dans le bâtiment 335 avant l'arrivée de la police?


Ainsi M Grosmaitre, en 2001, il était directeur sécurité environnement de la société Atofina. Le 21 septembre, il a pris la direction de la cellule de gestion de crise du groupe à Paris et a créé ( obligation réglementaire) la Commission d'enquête interne (CEI). "Tout a été transparent"  dit-il,  mais il n'est pas très précis sur la date de début de cette commission, le 22 ou le 23 alors que le rapport de la CEI précise qu'elle a commencé ses travaux dès le samedi 22 et que dès le dimanche elle interrogeait les salariés dont M Fauré (le manutentionnaire qui a déversé le contenu d'une benne dans le hangar 221 qui a explosé.) sans toutefois communiquer ces informations à la police. M Grosmaitre n'a donné aucune instruction technique et il n'avait pas à informer Total des travaux de la CEI , mais un représentant de Total était aux réunions de la commission... Tout a été transparent !!!!


Le commissaire Saby chargé de l'enquête criminelle a raconté les énormes difficultés techniques pour travailler sur le site “ sa scène du crîme”. Il a évoqué longuement ses contacts difficiles avec la commission d'enquête interne de GP: "Ils ont fait leur enquête sans nous le dire... La CEI a eu plusieurs mois d'avance sur nous... J'ai commencé à me révolter quand ils me demandaient s'ils pouvaient faire des prélèvements, des analyses, ... Là, j'ai viré tout le monde. Ils ont dégagé de mon cratère...Nous n'avons pas eu d'instruction d'abandonner telle ou telle piste... Toutes les pistes ont été étudiées...nous avons d'ailleurs travaillé en priorité sur la piste criminelle...Le déplacement dans le 335 après la déposition de M.Fauré, je dis qu'on aurait dû le savoir. C'était la commission qui savait. Nous, on ne savait pas..."Quand on y va en novembre, on a l'information qu'on a trouvé un sac de DCCNa dans le demi-grand...On n'y va que fin novembre, parce que on ne l'apprend que fin novembre". Tout a été transparent !!!


Jérôme Berthes, en 2001, il était DRH et directeur industriel du groupe GP. Du 21 septembre au 10 octobre 2001 il dirige la Commission d'enquête interne. Après un premier contact difficile avec le commissaire Saby il n'y aura plus d'échange d'information avec la police. Pourtant la commission va auditionner M Fauré et apprendre qu'il a transféré avec une benne des produits du 335 au 221, elle va ensuite visiter et inventorier le hangar 335 et découvrir un sac de DCCNa qui n'a rien à faire dans le 335 , mais ces informations ne seront pas communiquées à la police alors même que Total était informé de ces découvertes. Par contre la benne qui a servi à transporter ces produits n'est pas recherché par la commission et cette benne a disparu ???  On vous le dit tout a été transparent !!!!!!!!!!


Jusqu'au mois de décembre 2001, les rapports préliminaires de la commission étaient intitulés 'accident de Toulouse'.

Me Soulez-Larivière (défense) en s'adressant au commissaire a déclaré :"Il ne faut pas confondre le complot et un climat. Et un climat peut aussi avoir des effets néfastes” Effectivement un climat peut avoir des effets néfastes mais pas que pour le Commissaire !!!!!!!!!


Le climat de la 5ème semaine risque fort d'être instable!!! Le tribunal entendra l'expert judiciaire Daniel Van Schendel , le procureur Michel Bréard, de nouveau le commissaire Saby, un représentant de Total, les premières expertises et un cours de détonique.


Denis


Quelques éléments de l'audition de M Berthes

.
Le président : "Le groupe a subi une catastrophe. Ne vous appartenait-il pas de prendre les devants? D'expliquer aux policiers le fonctionnement de l'usine?... Contraitement aux policiers, vous aviez les clés du fonctionnement de l'usine, et vous, vous posez les bonnes questions. La commission procède à l'audition de M. Fauré. Pourquoi ne pas communiquer cette première information à la police?" réponse de J. B. : "Nous avons collecté beaucoup d'informations dans les champs les plus divers. Pendant les premiers temps, on collectait, on ne cherchait pas à exploiter les informations".
Le président : "Vous m'avez repris tout l'heure en me disant que vous n'êtes pas des enquêteurs. Pourtant, vous prenez l'initiative de vous rendre dans un bâtiment pour y procéder à un inventaire. On verra même que des membres de la CEI se rendront dans ce bâtiment en octobre pour en avoir le coeur net. Pourquoi avoir désigné une équipe pour procéder à cet inventaire?"
J. B. : "Le point de départ, c'est le 221. Remonter du 221 au 335 parce qu'on apprend qu'il y a eu un mouvement... On va voir le 335"...Nous sommes amenés au 335 par le nitrate que M.Fauré" ...
Le président : "Non. M.Fauré n'a pas dit qu'il avait apporté du nitrate".
J.B. : "J'apprends ce jour-là le transfert qu'il a opéré.
Le président : "On ne produit pas de nitrate d'ammonium dans le 335". J. B. : "Non".
Le président : "C'est un mouvement exceptionnel. N'est-ce pas une information susceptible d'intéresser les enquêteurs?"
J. B. : "Nous ne l'avons pas jugé sur le moment. Nous étions dans la perspective de livrer le fruit de nos investigations plus tard".
Le président : "Et quand le 3 octobre des membres de la CEI découvrent un sac de DCCNa qui n'a rien à y faire. Là aussi, ce n'est pas une information susceptible d'intéresser les policiers?"
J. B. : "Il s'agit d'un sac vide. Sur le moment, cela ne nous a pas paru une information capitale à communiquer aux policiers".
Me Stella Bisseuil (partie civile) : "Cette commission était pilotée depuis la société Total. Rendiez-vous des comptes à la direction de Total?"
J. B. : "Je n'ai rendu des comptes qu'à la direction de Grande Paroisse".
Me Bisseuil : "C'est étonnant. M.Brunet dit les synthèses étaient envoyées deux fois par jour à la direction de Total".
Me Bisseuil : "Pourquoi vous n'êtes pas allé dans le bâtiment avec M.Fauré?"
J. B. : "Nous ne sommes pas des enquêteurs. M.Fauré, après nous avoir apporté son témoignage, est parti. Nous ne sommes pas allés chercher des sacs, mais des espèces chimiques. ".
Me Bisseuil : "Vous cherchez les espèces chimiques. Vous pensez donc que c'est une piste intéressante. Pourquoi ne recherchez-vous pas la benne que M.Fauré a utilisé?
J. B. : "La benne était réputée avoir été vidée. Nous recherchions ce qu'elle avait pu contenir. Nous n'avons pas recherché la benne à ce moment là".
Me Bisseuil : "C'est une pièce à conviction essentielle; elle a disparu. Et vous voulez nous faire croire que cette benne ne vous a pas intéressé?"
J. B. : "Nous n'avons pas recherché la benne parce qu'elle était vide".
Me Bisseuil : "Vous avez fait des prélèvements de produits".
J. B. : "Moi, non. Mais des tentatives pour quantifier".
............;

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