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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 16:22
 

Audience du jeudi 19 mars : les enquêtes et leur cadre

témoins : JL Chauzy, H Fournier, M Mennessier, M Dumas, M Malon


Le président du Conseil économique et social rappelle qu'il a été l'un des rares à s'opposer à la fermeture et à vouloir maintenir un pôle chimique à Toulouse après l'explosion de l'usine AZF. Il s’étonne d’une position aussi radicale que la fermeture allant jusqu’à dire : « Alors si un airbus s’écrase, on ferme le site Airbus et l’aéroport ». Il rejoint ainsi la position tenue par d’autres sur l’acceptation du risque !!! . Il déclare aussi qu'il ne croit pas à la thèse de l'accident et réclame "la vérité".


H Fournier L'ancien préfet de la Haute-Garonne témoigne du rôle de la Préfecture. Il revient sur l'idée d'un complot d'Etat pour mettre en avant la thèse accidentelle: "Je voudrais revenir sur un point. Si j'ai parlé de catastrophe, c'est parce que tant que le processus judiciaire n'est pas conclu, je ne vois pas comment je pourrais affirmer quelque chose. Je note que dans les déclarations citées, il n'y a pas de déclarations affirmant avec certitude qu'il s'agissait d'un accident. Cette idée que vous semblez évoquer d'une réflexion collective des représentants de l'Etat, du président, du préfet, qui se seraient réunis s'entendre sur une version pour ne pas affoler la population, excusez-moi de le dire, mais je trouve que cela n'a pas de sens".


Le président évoque l'enquête de flagrance confiée à la police judiciaire après l'explosion de l'usine, les énormes difficultés rencontrées pour faire son travail : méconnaissance du site, priorité aux secours, sécurisation du site, multiples auditions, il souligne aussi l'avance de la commission d'enquête interne de GP sur la police.


Le tribunal entend alors Marc Mennessier, journaliste au "Figaro", auteur du livre "AZF, un silence d'Etat" (Seuil) dans lequel il dit que la thèse de l'acte de malveillance n'a pas été assez étudiée.
Il fait part de ces doutes sur l'accident et va travailler sur la piste de l'attentat. Il revient sur le cas d'Hassan Jandoubi, l'intérimaire mort dans l'explosion de l'usine et qui portait plusieurs sous-vêtements, indice possible qu'il s'agissait d'un kamikaze. Il parle d'une perquisition à son domicile retardée et d'un appartement nettoyé, stérilisé. «  J'ai le sentiment que les experts ont été obligés de démontrer une cause a posteriori. C'est le contraire d'une enquête".
Les avocats des parties civiles lui rappellent : que son contact à Toulouse est Serge Didier ancien adjoint au maire; qu'il a été condamné au civil en diffamation dans l'affaire Hassan Jandoubi;  il est accusé de tordre les faits pour les faire entrer dans sa vision du dossier. « C'est très exactement ce que vous reprochez à l'enquête". 
Lui, évoque un 2ème rapport des RG destiné à consolider cette piste ???

Le tribunal entend ensuite successivement Marcel Dumas, l'ancien chef du SRPJ de Toulouse, qui a dirigé l'enquête sur l'explosion de l'usine AZF jusqu'en 2004 et Frédéric Malon, adjoint au SRPJ de Toulouse en 2001 . Une petite précision est apportée M Dumas n'était pas allé à la pêche, le week-end suivant l'explosion comme suggéré dans le livre de M Mennessier, il enquêtait dans l'usine AZF. Le vice procureur en atteste.


Ils expliquent comment ils ont organisé l'enquête sur le site de l'usine AZF, ils parlent de la commission d'enquête et des rapports difficiles avec elle :

M Dumas " nous avons malgré tout eu un peu de réticence de nous rapprocher de cette commission d'enquête de Grande Paroisse ou de Total...le dimanche qui a suivi l'explosion, j'ai demandé à pouvoir saisir le matériel informatique sur les systèmes de sécurité de l'usine. Il nous a été répondu que les locaux risquaient de s'écrouler. Nous avons demandé aux pompiers de le vérifier. Ils nous ont accompagnés. Nous avons saisi ces ordinateurs. Ce n'était pas une collaboration franche. Nous avons appris que la commission interne s'était intéressée dès le dimanche à un sac dans le bâtiment demi-grand. Nous avons cherché à savoir qui était rentré dans ce bâtiment. Mais nous n'avons entendu cette personne que le 2 octobre. Et quand nous avons entendu cette personne, elle ne nous a pas dit qu'elle avait trouvé un big bag dont elle pensait savoir qu'il pouvait s'agir d'ammonitrate et qu'elle l'avait transvasé dans une benne... Ce n'est pas fait pour vous mettre en confiance. Quand on su plus tard que cette personne avait participé à des recherches avec la commission d'enquête interne... Nous sommes retournés dans le demi-grand. On n'aurait pas dû y trouver des sacs".


F Malon confirme de son côté que "Ce qui était important de déterminer était de savoir ce que contenait le hangar 221. On a su assez rapidement qu'il s'agissait de nitrates...L'objectif était de savoir qui avait accès à ce bâtiment, et pourquoi le nitrate avait explosé...on a pu retracer un historique de ce bâtiment. On s'est aperçu qu'à 4 heures du matin, quelqu'un était entré dans le hangar. Vingt minutes avant l'explosion, aussi. Concernant la sécurité, on s'est aperçu qu'il n'y en avait aucune, contrairement au bâtiment de stockage du nitrate commercialisable. Cela pouvait dire que AZF considérait que ce bâtiment ne posait aucun problème. Concernant l'historique sur ce bâtiment, on avait établi qu'il avait été construit au moment de la Première Guerre mondiale. Ce qui excluait la possibilité d'une bombe enfouie dans les années 1940. Les personnes qui avaient accès dans ce bâtiment étaient des manutentionnaires, des chauffeurs qui apportaient des bennes. Toutes ces personnes ont été entendues. La plupart décrivait ce bâtiment comme vétuste, avec une croûte épaisse de nitrates qui avait durci. Seul le sas était en bon état".

Ils confirment tous les deux avoir étudier toutes les pistes sans exclusive ni a priori:

M Dumas : " Aucune piste n'a été écartée. Au cours des auditions, on a eu droit à tout: des avions, des missiles, un arc électrique. Tout a été consigné. Pour nous, cela pouvait être un acte de terrorisme, un accident industriel, ou un accident dû à autre chose, la topographie... La seule chose dont nous étions sûrs était que l'épicentre se trouvait sur le lieu du hangar 221 »

M Malon : "Sur les pistes étudiées, on en avait noté une quinzaine...celle du chrome, la piste électrique, la piste de l'acide sulfurique, l'hypothèse d'un nouvel enrobant des nitrates, la piste d'un avion qui aurait pu perdre une partie de sa carlingue sur le hangar 221, la piste d'une météorite, d'une cavité souterraine, la piste magnétique. Ces pistes n'ont rien donné. La piste du chlore est apparue vers le mois d'octobre après l'audition de M. Fauré. Bien sûr, il y avait les pistes criminelles qui n'étaient pas évidentes au départ".
La police, dans les premiers jours de l'enquête, a recueilli des témoignages sur des altercations qui s'étaient produites dans l'usine. "Des tensions étaient apparues entre des manutentionnaires maghrébins et un chauffeur qui avait un drapeau américain dans son camion. L'un des manutentionnaires, M. Jandoubi, était décédé sur le lieu de travail. Est-ce parce que l'on a des invectives avec un chauffeur que l'on est un terroriste? C'était pas évident. Mais on a étudié cette piste terroriste : plus de 150 PV. ... »

La défense revient sur la querelle entre les chargeurs dans l'usine et sur le retard des investigations à la SNPE et ainsi que sur des témoignages pris par la gendarmerie mais non repris en compte par la police.


L'audition de l'expert Daniel Van Schendel est reportée à mardi 

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