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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 16:09
 

Audience du mercredi 22 avril : la piste électrique

Aujourd'hui le tribunal  entend l'exposé de 5 experts juiciaires en électricité  désignés par le juge d'instruction sur la thèse de la piste électrique c'est à dire  l'hypothèse d'un événement précurseur à l'explosion à savoir  un court circuit ou un arc électrique qui par dégagement d'un effet calorique aurait pu provoquer l'explosion du tas de nitrates dans le hangar 221. Ils ont reconstitué l'enchaînement des courts-circuits et des désordres électriques qui se sont produits sur le réseau du pôle chimique.

 

Les experts vont décrire l'organisation des  gestionnaires de réseaux électriques et les mécanismes par lesquels l'électricité peut dégager des phénomènes nuisibles " Pour qu'il y ait dégagement d'énergie en dehors des circuits, il faut que l'électricité soit dérivée par un court- circuit, un défaut d'isolement. Les différents types de court-circuit sontt monophasé, biphasé ou triphasé. Ces trois types de court circuit ont été rencontrés sur le site".

 

Puis ils vont décrire les réseaux et l'alimentation électriques sur le site et autour du site dont celui de la SNPE et de la SETMI.

Aucun réseau EDF (RTE) ne traverse le site d'AZF. Ils expliquent leurs investigations sur le réseau proche du hangar 221 en lien avec l'hypothèse électrique: aucune trace d'échauffement ponctuel sur l'ensemble des fragments de ligne et aucun indice de court-circuit vers la terre .

Ils ont ensuite élargi les investigations dans l'environnement du hangar 221. Différents court-circuits ont été relevés sur des transformateurs et matériels électriques mais après expertise ils sont tous dus aux dégradations provoquées par le sinistre.
Ils ont vérifié aussi  le réseau téléphonique d'AZF: trois appareils censés avoir eu des problèmes (fumée, étincelle) ont été expertisés. Aucune anomalie n'a été décelée  "Les appareils fonctionnent normalement".

 

Les expert se sont ensuite rendus à la SNPE. Ils ont examiné le poste 63KV:aucune dégradation électrique n'a été enregistrée. Un autre transformateur 63-20KV, qui desservait la partie chaudière de l'usine, a été examiné".
Après évacuation des gravats de ce local soufflé par l'explosion, il a été trouvé un bloc de béton avec une coloration rose. Ce bloc mis sous scellé a été expertisé et on a trouvé un morceau de fer à béton fondu qui avait vitrifié le béton. Il en a été déduit que le premier événement était du à la chute du mur, un morceau de fer à béton est tombé et a provoqué un court-circuit sur la ligne. D'après les enregistrements de EDF RTE , le court-circuit est apparu à 8h17'57, 685 s en temps universel (soit 10h17'57,685 heure locale) et a duré 80 millisecondes.
L'expert a ensuite examiné le local 13,5KV. Un local endommagé par l'explosion. Le court-circuit a été provoqué par l'écroulement du mur du local. Il a été antérieur au poste 63KV.

Des investigations ont été conduites à l'extérieur des sites sur les cinq postes de transformation 20KV du réseau Setmi, sur dix postes de transformation situés près d'AZF et sur 27 postes de transformation 20KV 400V : "Aucune trace de phénomène électrique anormale n'a été relevée". Sur les réseaux et embranchement particulier d'AZF. Rien d'anormal n'a été détecté.

Les mesures de terre sur différents sites ont été faites notamment sur le poste de Lafourguette, à la SNPE, des mesures d'équipotentialité du site, mesure du couplage avec le site d'AZF.  Les prises de terre étaient conformes.

Des essais de courts-circuits ont été réalisés sur le pôle chimique pour savoir si un arc électrique parti de la SNPE aurait pu provoquer l'explosion du hangar 221 de l'usine d'AZF.
Ces essais ont consisté à "reproduire" le court-circuit produit sur le poste de Lafourguette, et voir s'il avait pu avoir des conséquences sur le hangar 221. Le poste de Lafourguette était à gauche du cratère d'AZF, la SNPE se situe à droite. "Les plus gros retours de courant se situent près du site". Un outil de modélisation de courts-circuits a permis d'établir des calculs. Les essais de courts-circuits ont nécessité un an de préparation. Ils ont été conduits en 2003.

Les experts ont comparé les mesures du 21 septembre et celles des essais sur le poste de Portet: "Côté reproduction du phénomène, on a une amplitude et une durée comparable avec ce qui s'est passé le 21 septembre. Les répercussions sur le réseau EDF ont été les mêmes : baisse de tension. Seulement 3% des 150 A du court-circuit reconstruit à la SNPE sont allés sur le site AZF par la passerelle... L'energie dégagée sous le cratère par le court-circuit est infinitésimale (0,0001 joule au m2). Il aurait fallu 500 millions de fois de plus d'énergie pour chauffer le sol de 1°". Insuffisant, donc, pour faire sauter le tas de nitrates”.

Sur le réseau 20KV, des court circuits ont été choisis, et des essais ont été réalisés: "Nous avons constaté qu'ils donnaient les mêmes résultats que les courts-circuits à 63KV. Les tensions aux extrémités du cratère ont été de 2V maximum. Et l'expert de conclure : "Le dégagement d'énergie au niveau du hangar était négligeable, et excluait une mise à feu du tas de nitrates" .


Les installations de la Setmi, et l'ilotage des installations ont été examinés. “nous n'avons pas noté de défaut interne".
"En conclusion, les mesures de terre et d'isolement font apparaitre des valeurs satisfaisantes, les essais de court-circuit réalisés ont montré qu'ils étaient incapables de générer une énergie thermique susceptible d'engendrer un sinistre".

Les experts évoquent ensuite la datation des phénomènes électriques survenus le jour de l'explosion de l'usine AZF. Les datations ont permis de dater (en temps universel TU soit +2h) les courts-circuits qui se sont produits sur le réseau. Le premier s'est produit à 8h18'07,347” , quelques secondes après l'explosion qui a été datée par le CEA à 8h17'55,455”TU, puis court circuit sur le poste de lafourguette à 18h17'56” . L'ilotage ou déconnexion du reseau Setmi, s'est produit à 10h17'56,400”, quelques centièmes de secondes après l'explosion. Deux secondes plus tard, le mur tombe au poste SNPE, provoquant un court-circuit à 8h17'57,685” .
A 300 mètres du poste de Lafourguette, autre court-circuit à 10h18. Le courant est coupé.
L'ingénieur montre ensuite l'enchainement d'une série de courts-circuits qui s'est produit le 21 septembre sur le réseau EDF suite au sinistre et à des dommages sur du matériel.

L'expert conclut sur la cohérence des datations qui ont été validées sur les qualimètres de clients, comme le Cnes, AGA et Lafarge. M Meunier expert de GP est en accord avec cette chronologie. Ces appareils confirment aussi qu'il n'y a pas eu ni avant ni après le sinistre d'autres court circuits que ceux déjà enregistrés sur le réseau.
L'expert évoque ensuite la datation des équipements du site AZF. Le court circuit biphasé 63 KV a eu lieu à 8h18'07,347 TU. L'imprimante centrale indique un premier événement à 10h17'55,313. Les experts l'ont recalé à 8h17'55,533s (TU).
L'expert évoque les difficultés rencontrées pour dater les phénomènes électriques à la Setmi et les raisons qui ont pu provoquer l'ilotage de la Setmi. Toutes les hypothèses d'une perturbation électrique ayant été invalidées, l'expert en conclu que l'ilotage de la Setmi a été postérieur à l'explosion : "Il ne pouvait pas y avoir de court-circuit antérieur au sinistre". Concernant une éventuelle coupure de courant il précise que les vibrations du sol peuvent provoquer le déclenchement d'un disjoncteur : “pour nous, c'est l'onde sismique consécutive à l'explosion qui est la seule explication possible". l'expert conclut en précisant que "Quelque soit la cause le l'ilotage, elle est postérieure au sinistre".

Les experts font alors un résumé de leurs exposés et de la chronologie des événements électriques survenus sur le pôle chimique : le premier événement a débuté 80 millisecondes après le sinistre. Puis à Lafourguette, le disjoncteur s'est déclenché. Une seconde après l'explosion les premiers court-circuits apparaissent à AZF suivis de l'ilotage de la Setmi puis deux secondes après, c'est un court-circuit à la SNPE. et l'alarme sur le transformateur d'AZF.

 

La conclusion des experts sur la datation est claire "Nous n'avons aucun événement électrique enregistré avant l'explosion...Pour AZF, nous n'avons pas localisé de dysfonctionnement, de désordre électrique avant l'explosion, sur les éléments que nous avons retrouvé... A la SNPE, les désordres électriques sont dus au sinistre.... Sur les autres sites, pas d'anomalie non plus avant le sinistre. La reconstitution ne met pas en cause l'énergie électrique dans la cause du sinistre".

 

Le président aborde le phénomène d'électrisation évoqué par des témoins; pour les experts Le site a été suivi par des personnes très compétentes en électricité. Même avec un défaut d'isolation sur un appareil, le courant serait parti à la terre.... les responsables électriciens de l'usine étaient très compétents et professionnels. L'installation électrique était bien faite... Le réseau était très bien entretenu. ..M. Bertolini et M.Palluel possédaient bien les questions d'électrotechnique. Ils avaient investi sur du matériel nouveau associé à du vieux matériel. ".
Mme Viaud vice-procureur : "Peut-on dire que tout court-circuit qui se serait produit à AZF n'aurait pas eu de conséquence sur le hangar"?
Expert : "Oui".
Claudie Viaud : "Le seul court-circuit circuit possible aurait été sur la ligne 6,2KV qui circulait sur le hangar 221"?
Expert : "Le courant qui aurait pu revenir vers le transformateur aurait été au maximum de 30 A pendant 60 millisecondes. Cela n'aurait pas fait grand chose...Il aurait fallu un deuxième défaut, et il aurait fallu prouver qu'il existait. On peut tout imaginer... Mais c'est de l'imagination d'un électricien qui ne dort pas très bien ".
Mme le vice procureur : "La piste électrique ne peut donc pas expliquer l'explosion?"
Expert : "Non".

 

Me Simon Foreman (défense) : "Il n'y a plus de débat sur la piste électrique. Nous avons été les premiers à le dire. Nous considérons que les phénomènes électriques sont un témoin de l'événement”.

 

Et voilà une piste écartée même par la Défense Etonnant !!!! mais le débat continue demain ..sur le même thème

Denis

 

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