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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 11:59
Résumé des épisodes précédents : pour l'accusation c'est un accident chimique suite a un mélange de produits incompatibles par absence de mesures de sécurité dans le hangar 221 et dans le traitement des déchets. Pour Total, l'usine avait un fonctionnement parfait et le mélange des produits ne peut expliquer l'explosion. Le tribunal a traité puis écarté différentes pistes: deux explosions, l'arc électrique, la foudre, une pièce d'avion, l'hélicoptère et son échelle, une météorite, une bombe de la 1ère guerre ou de la seconde, la tour de prilling.... Et Il n' y a bien eu qu'une seule explosion couplée au sol.

Ces pistes, qui à notre avis avaient surtout pour but de produire de la confusion, ayant été écartées, il ne reste plus que 2 pistes: l'accident chimique et , la piste intentionnelle celle de l'attentat ... celle de  tous les fantasmes!

 

Audience du vendredi 24 avril: le tribunal aborde pour 4 audiences la piste intentionnelle.

 

Le Président fait une longue introduction avant d'aborder la piste intentionnelle. Il évoque les suspicions dont fait l'objet M Jandoubi, il rappelle qu'il est légitime de traiter de «  l'hypothèse qu'un éventuel acte intentionnel ait pu expliquer la catastrophe ». Il rappelle aussi que « la mise en contact de deux produits incompatibles, en présence d'humidité, a produit un gaz, le trichlorure d'azote, qui peut détoner sans aucune autre intervention à une certaine température, on n'a besoin ni d'allumette, ni d'électricité, ni de la main de l'homme. »

« J'en reviens à la légitimité de la piste intentionnelle : pour produire une détonation, il faut l'emploi d'un explosif. En 2001, aucun explosif n'était utilisé sur le site. Il reste à savoir si un ou plusieurs individus ont pu utiliser un explosif. » 

 

Le Pdt rappelle le contexte de la période, la stigmatisation des personnes d'origine étrangère et d'autres éléments qui vont "alimenter" la question de la piste terroriste: des incidents survenus la veille et le matin de la catastrophe entre les chargeurs dont M Jandoubi et les chauffeurs sur le bâtiment IO... l'examen du corps de M. Jandoubi qui portait plusieurs sous-vêtements...la note des RG « entre le 23 septembre et le début octobre, les RG établissent un document daté et non signé qui présente, parfois avec le conditionnel, des éléments. Certains de ces éléments n'ont pas donné lieu à beaucoup de vérifications de la part des RG et seront invalidés plus tard par la police. »

Le Pdt parle des différents éléments qui seront traités : Les éléments mis en avant par le juge d'instruction et pour lequel il y a eu des investigations, les demandes d'actes de la défense et «  J'en aborderai quelques autres, semble-t-il écartés, mais qu'il me semble bon d'aborder car ils font un peu le contre-poids de la note des RG. Peut-on aborder une valeur probante à une telle note blanche, avec aucune source, non signée? » 

Ce matin, sera abordé la question de la présence à Toulouse de prédicateurs du Tabligh, les incidents entre les chargeurs et les chauffeurs et voir si M. Jandoubi a pu faire entrer sur le site des individus non identifiés.


Le Président indique qu'il va interroger les prévenus. Me Simon Foreman (défense), remercie le président pour son introduction : "... Cette piste rejoint une conviction profonde chez des gens de Grande Paroisse. A partir du moment où la piste du chlore ne nous paraît pas possible, il est légitime de se poser la question de la piste volontaire. Cette fameuse note des RG aurait du être exploitée tout de suite et complètement ; elle l'a été des années après, et pas complètement.'' 


Le Président : "M. Biechlin, au début du dossier, vous avez dit que le 11 septembre 2001, vous étiez en congé. Vous avez indiqué : "je sais qu'à Toulouse des individus sont capables de faire de pareilles choses. Mon usine pourrait être une cible". Disposiez vous de quelques éléments pour vous prononcer si à Toulouse en 2001 il existait des individus capables de commettre un tel attentat. Et en quoi l'usine Grande Paroisse pouvait être une cible".
Serbe Biechlin : "Je n'avais aucun élément objectif pour dire qu'il pouvait y avoir des menaces sur Toulouse. Mais nous considérons que les usines chimiques peuvent être des cibles intéressantes pour des actes de terrorisme... C'est une conviction personnelle ... Lorsque l'explosion s'est produite, nous avons pensé que cette hypothèse devait être évoquée de manière objective... Concernant M. Jandoubi, son nom figure sur la stèle des victimes de la catastrophe mais nous avons toujours des interrogations... Je pense que la piste intentionnelle a été évoquée de manière superficielle dans l'instruction. Nous voulons seulement savoir ce qui s'est passé".

 

Le Président lit les différentes revendications parvenues à Toulouse après l'explosion :
- le groupe Houarla Houarla islamique émet une revendication depuis une cabine téléphonique à Aucamville.
- le groupe Jihad islamique a revendiqué l'explosion dans une lettre postée de Montpellier et adressée à La Dépêche .
- le groupe Alfa Bravo a adressé un fax à TLT et à France 3. Un fax a été émis depuis une caserne des pompiers, les lignes téléphoniques avaient été piratées, l'autre depuis une auto-école de Toulouse qui était fermée.
Le juge d'instruction avait retenu d'autres informations: une lettre à en-tête de la Poste avec la photo d'un individu, un témoin indique qu'il a entendu dans les rues de Toulouse prononcer "strike in Toulouse" qui peut signifier "frappe".
 

Le président aborde la présence de prédicateurs de l'association Dawa El Tabligh. Il parle de la note des RG sur ces prédicateurs et cite quelques paragraphes. ": la découverte de matières explosives dans un local... M Jandoubi et El Bechir sous l'influence de la mouvance afghane, présence de militants islamistes à l'enterrement de Jandoubi... le groupe de Reziga est contrôlé à Valence d'Agen. Ils indiquent que la voiture a été endommagée par l'explosion. Ils ont quitté Toulouse sitôt l'explosion....de source sûre et à protéger H Jandoubi serait sous l'influence fin 2001 de Reziga, fils d'un responsable de la mouvance du Tabligh. un mouvement piétiste d'origine pakistanaise. Sur la mouvance afghane toulousaine : le mouvement de Reziga comporte deux groupes, celui de Reziga, et celui d'un groupe d'islamistes à Artigat en Ariège. Jandoubi et Senouci auraient été recrutés au sein de ces deux groupes. En septembre, Reziga est photographié en compagnie de deux caids de Bagatelle convertis à l'islam, mais ces deux caîds n'apparaissent pas dans le dossier".

Il cite le le juge d'instruction qui indique : "La présence des membres du Tabligh à Toulouse le 21 septembre 2001 est sans lien avec le dossier. M Reziga indique qu'il se trouve à Toulouse après avoir fait étape à Perpignan et avant de se rendre à Tonneins. Ils se regroupent vers 10 heures avant de partir et perçoivent l'explosion. L'un des véhicules, garé dans la rue, est endommagé". Francis Sigl, du peloton de gendarmerie de Valence d'Agen, décide de faire un contrôle sur l'autoroute. Il intercepte le véhicule conduit par Cheikh Bendjebbar. L'autre véhicule qui suit s'arrête spontanément. Les occupants sont interrogés".

Le tribunal entend alors Francis Sigl, gendarme retraité. Il relate le contrôle de deux véhicules le jour du 21 septembre 2001 . "Le centre opérationnel de la gendarmerie de la Haute-Garonne nous demande de contrôler un véhicule. Je mets en place un contrôle à hauteur du péage de Valence d'Agen. Arrive une Laguna. Un deuxième véhicule s'arrête. Nous avons relevé les identités et les ont transmises au COG" Le carnet de déclarations du gendarme sera fourni au tribunal. Ces identités ont été transmises au directeur départemental des RG dans le Lot-et-Garonne.

 

Ce fonctionnaire qui est entendu par le tribunal confirme que le propriétaire du véhicule est très connue en Lot-et-Garonne et impliquée dans la mouvance Tabligh. M. Bendjebbar était piétiste. Les éléments ont été vérifiés et transmis au directeur régional d'Aquitaine. Il confirme aussi avoir été contacté par le journaliste du Figaro

Le président : La personne originaire de Lot-et-Garonne, M.Bendjebbar, était-il impliqué dans un réseau terroriste?"
S. S. : "Non. C'est peut-être un adepte de l'islam rigoureux... M. Bendjebbar, si l'on devait parler d'un action terroriste, ce serait un leurre".

 

le tribunal entend Michel Monier, policier à la retraite affecté à Madrid le 17 septembre 2001 pour faire l'interface entre la police espagnole et la police française. Il a réintégré la PJ en 2005 jusqu'à sa retraite en 2006. Il a travaillé avec son collègue M.Bellaval sur le dossier d'AZF. Le ministère public a souhaité l'entendre sur la question des revendications.
"J'ai fait une synthèse sur le sujet, avec l'appui de la division nationale anti-terroriste. Des revendications, comme Alfa Bravo, étaient fantaisistes. D'autres groupes, comme le Dawa ou le Djihad étaient connus".

Le président : "Le Dawa Tabligh n'a rien revendiqué".
M. M. : "Non. Mais j'en ai profité pour m'intéresser à tous ces mouvements. Je me suis adressé à la DNAT. Le Djihad islamique n'avait pas de ramification connue en France. Le Tabligh, je l'ai comparé aux Témoins de Jéhovah français...Le procès-verbal que j'ai fait est une synthèse du travail".
...
Me Simon Foreman (défense) : ". Etes-vous allé sur le terrain? Il y avait les histoires de fax reçus à TLT".
M. M. : "Ces points avaient été vérifiés avant. Je suis retourné voir le lieutenant des pompiers. Il s'agissait d'un piratage téléphonique dont on n'a jamais pu établir l'origine...Je crois que l'on n'avait plus assez d'élément en 2005 pour poursuivre ces investigations".
Me Foreman : "La défense avait fait des demandes d'acte précises sur le sujet. Je constate, pour la ligne téléphonique, que vous avez pris acte de la déclaration des pompiers....Vous ne vous êtes pas dit , on aurait pu vérifier avant 2005? Je constate que sur le terrain des revendications présentées comme fantaisistes, on n'a rien vérifié en 2001; en 2005 non plus, ou alors cela l'a été à la demande de la défense.
Me Foreman : "... La commission rogatoire de 2004 sur laquelle vous avez travaillé en 2005 vous demande d'étudier des éléments de la note blanche. Avez-vous entendu les auteurs de cette note? ".
M. M. : "Non".
Me Foreman : "Je constate que le SRPJ censure les demandes du juge d'instruction".

Le président indique que le tribunal va aborder les incidents entre chargeurs et chauffeurs et la question de savoir si M. Jandoubi a pu faire entrer, la veille ou le jour de l'explosion, des personnes dans l'usine.

Sur l'incident entre chargeurs et chauffeurs, "d'après les témoignages, il est difficile d'y voir clair". Le président rappelle les circonstances de l'altercation entre les chauffeurs et les chargeurs. Le 21 septembre 2001, à l'usine, vers 6 heures, le tapis roulant situé au bâtiment IO, ne fonctionne plus. M Marque fait appel à P Faloppa, électricien pompier,qui intervient. M Marque demande à un intérimaire tunisien de l'aider, celui-ci refuse.
La veille, le 20 septembre, Yann Simon, chauffeur, arrive dans l'usine ; son camion est ornée de drapeaux américains. Il doit attendre jusqu'à 8 heures pour que les chargeurs s'occupent de lui. Une altercation aurait suivi et H Jandoubi lui aurait dit :" Viens, on t'attend". Le 21 septembre a lieu une nouvelle altercation entre chauffeurs et chargeurs. Un chauffeur a déclaré que les intérimaires auraient déclaré : "On va tous vous faire exploser et vous massacrer".
Le président pointe des contradictions dans des déclarations de chauffeurs '' L'un reconnaît H Jandoubi. L'autre, non" et évoque les difficultés pour rendre cohérentes les dépositions sur ces trois incidents avec des témoignages contradictoires et certaines dépositions qui varient au fil du temps.

Les intérimaires étaient employés par la société TMG. Ils chargeaient à dos d'homme des sacs de nitrate dans les conteneurs.
Le président lit le témoignage d'un employé : "Mon poste était à IO au chargement des sacs. C'était un travail très dur. Il y avait souvent des disputes. Les Maghrébins se plaignaient qu'on leur faisait faire le sale boulot. Un de mes collègues m'a raconté que lorsque le tapis était en panne, ces gens-là le remettaient en marche pour nous faire tomber. M.Paillas voulait mettre tout le monde dehors".


Le 21 septembre, l'équipe des chargeurs avait été complétée. Dans l'explosion, trois personnes sont décédées près du bâtiment IO, dont H Jandoubi et A Tahiri.

Serge Biechlin intervient : "Je n'étais pas là le 21 septembre, je n'ai pas rencontré ces messieurs. Mais j'ai analysé les témoignages, et je n'arrive pas aux mêmes conclusions que vous. Ce matin là, M.Zita, chef d'équipe, dit qu'il a cinq personnes. Or, il n'y a que quatre. Lorsqu'on voit les témoignages de M. Avezzani et Ben Driss, ils ont une altercation avec une personne non identifiée. . Donc, ce matin-là, il y avait un maghrébin de plus. ".
Le président : "Je vous fait observer que le témoignage de M.Avezzani a évolué".
Le président : "M. Ben Driss désigne M.Jandoubi comme la personne avec laquelle il a eu un incident. Dans un premier temps, il reconnait l'autre chargeur comme étant M.Tahiri, et ultérieurement, il ne le reconnaît plus, indiquant que le policier avait fait pression sur lui".
Serge Biechlin : M. Ben Driss a eu un conflit avec M.Jandoubi. Mais le conflit de 7h30 est un conflit avec un autre Maghrébin et ce n'est pas Jandoubi".

Le tribunal va entendre Karim Ben Driss chauffeur, il était à AZF le 21 septembre à 5h pour charger du nitrate. Le conteneur n'était pas chargé, l'intérimaire présent à ce moment a disparu, le tapis est en panne, il provoque une altercation avec un autre intérimaire, il discute avec d'autres chauffeurs dont M Avezzani, il repart avec son camion à 9h45 et il voit la possibilité pour les intérimaires de faire une connerie. Il évoque ,par oui dire de chauffeurs, des propos des intérimaires et identifie les 2 chargeurs comme étant M Jandoubi et M. Tahiri . Il se rend à la gendarmerie le 21 au soir pour parler de l'incident du matin mais n'en parle pas à la police le 22 et le23

 

Le tribunal entend ensuite l'ancienne secrétaire de la société TMG qui embauchait les intérimaires, Mme Boucly, Elle assurait la gestion du personnel. Elle évoque les anomalies qui se sont passées dans la semaine avant le 21 septembre. Il y a eu un intérimaire, accompagné par M.Jandoubi. qui n'a pas voulu donner son identité Elle se plaint des policiers lors de son 2ème interrogatoire en 2005 . Elle précise que dans la liste des intérimaires la semaine du 21 il en manquait 2. « J'ai informé Mme Casteret et M.Mennessier (ndlr journalistes à l'Express et au Figaro) sur le sujet". Elle précise que la personne qu'elle a vu avec M. Jandoubi, est M. Smain Brih".

Le président précise que : "C'est le frère de Senouci El Bechir qui a été embauché. Smain Brih était le meilleur ami de M. Jandoubi. Il y avait d'autres personnes qui proposaient à M. Pons de faire travailler des personnes".
Me Sylvie Topaloff : "M. Biechlin, est-il normal que dans un site Seveso, un 18 septembre 2001, on puisse ainsi circuler".

L'audience est levée à 16 heures.   Denis

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