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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 19:57

Audience du 28 avril

 

 

Le Président ouvre la séance en présentant la famille Abdelouhab, dont certains membres, amis d’Hassan Jandoubi,  sont soupçonnés, par les RG en particulier d’être des islamistes. Maloud Abdelouhab , qui  travaille de nuit, a déclarer à la police le 21 septembre au matin, une effraction dans un local situé près de son lieu de travail. Dans ce local se trouvaient un bidon de désherbant ainsi qu’un bidon rempli de ce que les RG pensaient être de l’eau de javel (donc susceptible, en mélange de faire explosif) alors que ce n’était que de l’eau. D’où les soupçons . Le Président : « "On comprend toute le difficulté que peuvent éprouver des personnes que l'on soupçonne d'islamisme pour prouver qu'il n'en est rien. En droit, on appelle ça la preuve contraire".

Puis le président retrace la situation tant professionnelle que familiale d’Hassan Jandoubi, retrouvé mort sur son lieu de travail et qui portait, et c’est la le problème, plusieurs sous-vêtements

Il s’en suit un échange très vif entre les avocats en particulier parce que d’après Me Alfort, avocat d’Hassan Jandoubi, vendredi matin, Me Foreman avait indiqué que la thèse de l'attentat ne serait pas défendue par Total.

Me Daniel Soulez-Larivière rappelle que la défense avait déposé une demande de non-lieu dans laquelle elle expliquait qu'il n'y avait de preuve judiciaire de rien du tout, ni d'une piste accidentelle, ni d'une piste volontaire. « Mais si on a décidé de faire un procès, on discute. A partir du moment où l'on discute d'un sujet, qu'on le fasse. Ces audiences sur ce sujet seront suivies de manière minutieuse par la défense »

La thèse de l’attentat a été générée par l’examen du corps d’Hassan Jandoubi par Mme Duguet,médecin légiste,  qui revenant d’une conférence sur les dons d’organes  en Tunisie avait appris que si  les Musulmans étaient réticents au prélèvement d'organes c’est parce qu’ils souhaitent l'intégrité de leur corps après la mort".

Elle en a déduit que le fait de porter plusieurs sous vêtements l'ont amenée à penser que la personne qu’elle avait  examinée savait qu'elle allait mourir. Elle l’a dit aux policiers qui l’accompagnaient et le Procureur l’a même soupçonné de l’avoir dit à la presse, en l’occurrence à Marc Menessier, ce qu’elle niera.

Pour elle , on n’a pas pris en considération ses constatations, ce qui fera du grain à moudre pour  Me Foreman (Défense): « Les kamikazes qui se font sauter protègent leurs parties intimes. Les auteurs des attentats de Madrid portaient plusieurs sous-vêtements. Alors on ne peut pas considérer qu'il s'agit de rumeurs portées par un médecin légiste. On est dans la dénégation d'un certain nombre de vérités".

Sont auditionnés ensuite, dans l’ordre, Alain Cohen, Mr Burle et enfin Mr Elbèze. Tous   font partie du SRPJ de Toulouse. Alain Cohen et Mr Elbèze en veulent à leur hiérarchie et porte contre elle l’accusation d’avoir volontairement négligé la piste intentionnelle.

Tous les deux ont  eu contact avec Mme Duguet le 21 septembre et ont adhéré immédiatement à la piste terroriste.

Mr Cohen commandant fonctionnel, 3ème ou 4ème dans l’ordre hiérarchique du SRPJ, à deux mois de la retraite en septembre 2001, commence par dire que Mr Dumas, leur supérieur est revenu le vendredi soir d’une réunion en leur disant : « A Paris, ils veulent que ce soit un accident, ce sera un accident » (propos non confirmés par Mr Malon)

Il n’a pas accepté d’avoir été, d’après lui, obligé de laisser tomber cette piste criminelle même si des investigations seront menées par lui, sur ordre de son supérieur, Mr Malon. Il auditionnera la compagne de Mr Jandoubi puis fera une perquisition (qu’il estime trop tardive) de son domicile. Il se dégage de lui beaucoup de rancœur.

Le Président puis le Procureur sont alors très étonnés qu’un policier de son rang, sûr d’avoir raison, ne fasse rien pour essayer de convaincre ses supérieurs du bien fondé de sa thèse ,ni qu’il alerte les autorités judiciaires. Il a même négligé de faire un compte-rendu d’un entretien qu’il a eu avec la sœur d’Hassan Jandoubi.

Mr Burle, assez mal à l’aise, a seulement participé à l’audition et à la perquisition  en compagnie de Mr Cohen et est beaucoup plus modéré dans ses propos.Il ne tiendra  pas les mêmes propos que lui lors du compte-rendu de la conversation qu’ils ont eu avec la sœur d’Hassan Jandoubi

Le troisième, Mr Elbèze est policier retraité, membre lui aussi du SRPJ à l’époque depuis quelques mois seulement. Un grand moment : il est très content de lui, parle avec componction par moments, avec grandiloquence à d’autres. C’est son moment de gloire ! Il a assisté à l’examen du corps d’Hassan Jandoubi, a adhéré immédiatement à la piste terroriste parle de « nos morts » ce qui fera se dresser les avocats des parties civiles. Lui aussi est frustré de ne pas avoir pu poursuivre « son » enquête, mais ne fera rien pour contrer ses chefs.

Vient ensuite Mr Malon.

Il fait récapitulatif  de toutes les pistes étudiées, celle concernant  Hassan Jandoubi et les différentes pistes terroristes.

Il explique les modalités de fonctionnement du SRPJ.

 Il met en cause le manque de sérieux dans le travail de Mr Cohen (perquisition très rapide et non suivie d’une autre chez les parents d’Hassan Jandoubi , audition succincte de sa compagne) et justifie ainsi qu’on ait par la suite retiré Mr Cohen de l’affaire .

Il y a ensuite confrontation entre Cohen et Malon. Chacun reste sur ses positions.Le premier : on a refusé de prendre au sérieux la piste criminelle et j’ai laissé tomber. Le deuxième : on a fait plus de 150 investigations sur cette piste, qui n’était pas plus sérieuse qu’une autre.

Mr Malon rappelle que Mr Cohen n’était qu’à 2 mois de la retraite et qu’il ne faisait pas de zèle !

Le Procureur se fache : il ne comprend pas qu’un commandant se soit plié de cette façon à des ordres supposés, sans n’avoir rien fait pour  faire accréditer son point de vue.

Les échanges entre les avocats sont assez vifs.

Il est 22h 30.

Mr Daoud vient à la barre , cité par la partie civile. Il raconte son 21 septembre. IL travaillait pas loin de l’endroit où a eu lieu l’altercation supposée entre les chauffeurs et les chargeurs. mais n’a rien entendu de particulier.

Enfin ; mr Paireau est appelé. C’etait le chef de la division criminelle au SRPJ de 2004 à 2006.

Il reprend la liste de toutes les investigations faites à la demande du juge Perriquet à partir de 2004

Pour lui, Mr Jandoubi n’est qu’une victime. Quant à Mr Al Granou, suspecté pendant un moment parce qu’il avait quitté l’usine 1/2h avant l’explosion, son seul tort est d’avoir été malade ce jour là (une gastro reconnue par son médecin) et d’avoir du rentrer chez lui.

En Conclusion : toutes les pistes ont été vérifiées et sans fondement, ce que Me Foreman, très en forme malgré l’heure tardive, se chargera de contester point par point et en particulier concernant la note blanche des RG.

La séance est suspendue a minuit 
Geneviève

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