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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 19:29

 

Audience du 7 mai

 

Le Président fait une longue introduction pour expliquer que le tribunal va examiner les faits reprochés aux 2 prévenus: Grande Paroisse et M. Biechlin.

 

Il résume la « chaîne causale », reprise dans l'acte d'accusation, qui a abouti à l'explosion du hangar 221 : «  comme suite à un avenant verbal à une convention conclue entre Grande Paroisse et la Surca, un agent de la Surca va collecter des sacs. Il y a la sacherie des ateliers I0 ( nitrates) et I8 (urée)... par suite d'un mauvais nettoyage de la sacherie, et la découverte d'un GRVS de DCCNa dans le bâtiment 335, lequel aurait contenu un peu de produits chlorés, s'est produit dans ce bâtiment un lieu de croisement de produits incompatibles.

Suite au passage d'autres sous-traitants, M.Fauré va constituer une benne dans des conditions sur lesquelles nous reviendrons, d'un ou de plusieurs produits récupérés au sol. La benne sera versée dans le 221 entre quinze et trente minutes avant la catastrophe, après avoir sollicité l'avis de M.Paillas, chef d'atelier RCU, chargé de la gestion du 221. Selon l'accusation, ce déversement de produit est à l'origine de l'accident chimique, il s'est trouvé pris en sandwich entre du nitrate humide et du nitrate sec ».


Il propose de reprendre les maillons essentiels de cette chaîne: le bâtiment 221, l'exploitation de l'atelier ACD, la formation du personnel, l'information qu'il pouvait avoir des produits manipulés, l'exploitation du bâtiment 335 mis à la disposition de la Surca, les événements du 19, 20 et 21 septembre. La filière des déchets sera aussi abordée.

 

Il propose pour chacun des thèmes de faire un court rapport pour souligner les points acquis, les points importants sur ce qui est reproché aux prévenus, et ensuite, permettre aux différentes parties de s'exprimer avant d'entendre les témoins.

 

Premier thème : le hangar 221

Le Président : " M. Fauré, agent Surca, a déversé une benne dans le box de ce hangar quelques minutes avant la catastrophe. Jusqu'à 1996, l'accès se faisait par l'ouest. L'entrée de ce hangar a été modifiée; ont été créés une rampe, une zone de manœuvre, une ouverture, et un box. Dans un premier temps, on va créer ce box, je l'interprète comme une volonté de sécurité, pour éviter que des engins n'accèdent au lieu où sera placé le tas principal de nitrates. Après la création de ce box, en 1997, on va reprendre le sol de ce box puisque les agents qui entraient dans ce bâtiment ne pouvaient pas travailler avec des Fenwicks. La dalle, d'une longueur de 15 mètres, a été refaite...il semblerait qu'avant 1997 le stockage de nitrates était accolé contre le mur nord du bâtiment. Il a été décidé de revoir la disposition de ce nitrate qui a été positionné le long des poteaux qui séparaient le 221 du 222. Il me semble important d'indiquer, à la lecture de nombreux témoignages, que l 'état de la dalle, dans la partie centrale, était dégradé, le béton avait disparu par endroits... Ces endroits correspondraient à l'endroit où auparavant était positionné le nitrate. Lequel ronge le béton. Il n'est pas illogique de se dire que sur cette partie du bâtiment, la dalle devait être en mauvais état. Autre élément : l'ouverture du bâtiment. Au terme des consignes, il était décidé que le bâtiment devrait être fermé le week-end. Par suite de difficultés mécaniques, la porte côté Est était laissée ouverte. On pourra remarquer que côté Est, c'est finalement, l'un des axes du vent d'autan, présenté dans le dossier comme un vent pouvant apporter de l'humidité....Il a été relevé des manquements, déjà évoqués, le défaut du système alerte incendie, déjà acquis. Mais compte-tenu du caractère quasi immédiat de la catastrophe, la présence d'un tel système n'aurait pas évité grand chose".
"S'agissant de l'exploitation du bâtiment, le 221 dépend du service RCI chapeauté par Mrs .Panel, Marquet et Paillas... Les personnes qui y travaillent sont pour l'essentiel des personnes d'entreprises extérieures : M.Faure de la Surca qui dépose des bennes orange, M.Nalan de la Mip qui amène des petites bennes de produits récupérés dans les ateliers, et TMG qui travaille à l'ensachage et amène des produits, par suite de sacs dégradés, soit en début soit en fin de production de nitrates agricoles ou industriels. Des personnels de Grande Paroisse qui travaillaient à I0 pouvaient être amenés à déposer des produits dans le 221. Ces produits devaient être amenés dans le box, où un chouleur, qui était le seul engin autorisé, déposait le produit dans la partie centrale du bâtiment. Quand ce tas était suffisamment important pour être amené à la Soferti, le chouleur prenait le produit. Mais d'autres engins pouvaient être amenés à entrer dans la partie centrale du bâtiment".
"Pour ce qui concerne les produits : refus de crible, sacs de début ou de fin de production, soit des produits pas tout à fait conformes aux spécifications, et mis en attente. C'étaient des produits qui n'étaient pas affectés de quelque pollution que ce soit. Néanmoins donc, se pose la question de balayures récupérées au sol et la question, discutée, de savoir si certains ammonitrates, récupérés par la Mip, ne pouvaient pas être souillés. On l'a évoqué avec la lecture d'une note sur la rétention des eaux d'incendie, et il semble être acquis par l'auteur de cette note qu'une partie du nitrate étant placée dans le bâtiment pouvait être souillé".
"Autre question : l'état de la croûte, le nitrate qui se trouvait au sol. Il est indiqué par certaines personnes, compte-tenu du sol dégradé, qu'il était laissé un tapis de nitrate, entre 10 et 20 cm. Cette couche, par le temps, l'emploi d'engins, aurait-elle pu être souillée par de l'huile des engins? On va y venir. Si le principe consistait à dire que seul le chouleur pouvait rentrer dans la partie centrale, d'autres engins auraient pu y rentrer. Au moment de l'explosion, le chouleur était en parfait état, si ce n'est que l'un des dispositifs permettant d'éviter des fuites d'huile n'était plus en positionnement depuis le mois de juin, mais l'expert n'a constaté aucune fuite. Le précédent chouleur, en revanche, avait des pertes d'huile. Or, il semblerait que le changement de chouleur s'est effectué entre le mois de mai et de juin 2001, quand la note concernant la rétention des eaux d'incendie est établie et fait mention que le chouleur n'est pas en parfait état... Selon les experts, nonobstant que la couche de nitrate soit damée, la détonation se serait propagée dans cette partie de croûte de manière confinée. Dans l'esprit des experts, le tas de nitrates était accolé au muret, dans la mesure où la croûte aurait été confinée par le tas, elle aurait pu participer à la détonation. S'agissant des produits, si plusieurs engins pouvaient accéder, y compris le camion de M.Fauré où une inspectrice constate une fuite d'huile, dans le box, le principe consistant, une fois qu'on a débarrassé le nitrate, et qu'on procède à un raclage et que l'on remet le produit dans le stockage principal, on peut peut-être amener du produit souillé".
"Une difficulté : on n'a pu amener de précisions sur les quantités de nitrate se trouvant dans le 221, la part de nitrate industriel et de nitrate agricole. S'agissant des entrées dans ce bâtiment, on n'a pas pu être très précis... Cela rend difficile le travail d'analyse".
"Voilà sur ce qui me semblait être dit sur le bâtiment 221. Si les parties souhaitent intervenir, je leur donne la parole".

Me Daniel Soulez-Larivière (défense) : "C'est un résumé concis des thèses accusatrices. Souhaitez-vous que M.Biechlin réponde maintenant?"
Le président : "On va entendre M.Biechlin".
Me Soulez-Larivière : "Vous avez présenté la boîte à outils complète de l'accusation".

Serge Biechlin, prévenu : "...J'ai retenu que vous avez fait le point. Je n'étais pas là le 21, mais je suis ingénieur chimiste et j'ai travaillé sur le nitrate pendant vingt ans. Je peux vous répondre point par point. Il y a au moins vingt points sur lesquels je voudrais m'exprimer.... "

M. Biechlin va reprendre les thèmes abordés en réfutant l'humidité, l'état de la dalle, la présence d'une croûte........Il n'était pas présent le jour de l'explosion, il n'avait vu qu'une ou deux fois le hangar 221 probablement peu après sa nomination mais il ne s'en souvient pas, néanmoins il apparaît bourré de certitudes fondées- dit-il - sur le bon sens et la logique , mais aussi sur la compétence et la technicité des agents en charge du hangar 221. Toutes ces interventions sont de la même veine : "Je ne suis pas témoin, je parle de logique. Le bâtiment était ouvert. Lorsqu'il pleuvait, le sol était mouillé. J'imagine que les opérateurs ont fait le ménage là où il n'y a pas de produit régulièrement. Il me paraît de bon sens qu'à l'ouest, où le produit n'est pas stocké, j'imagine que les gens ont nettoyé"....

 

 

 

Nous entendons ensuite Monsieur Saint Paul, le prédécesseur de M Biechlin à GP.

Il va s'expliquer aujourd'hui sur les travaux effectués sur le hangar 221 durant sa direction.

 

Il précise que le box était une zone d'attente pour certains produits qui devaient être analysés avant d'aller dans le 221 et il pense que « ça c'est mis en route »

 

Il n'a pas le souvenir de consigne de sécurité ou de consignes d'exploitation mais il précise qu'à son époque il n'y avait pas de sous traitant qui pouvait entrer dans ce hangar.

 

Le procureur : "A votre époque, il n'y avait pas de sous-traitant".
J. S.-P. : "Je pense que les entrées et sorties dans ce bâtiment étaient faites par notre personnel, pas par un festival de sous-traitants".
Le procureur : "Je comprends mieux votre réponse au juge d'instruction quand vous lui avez dit que le tas de nitrate n'avait pas pu exploser. Il y avait une culture d'entreprise qui fait que le personnel n'aurait jamais mélangé le nitrate et le DCCNa".
J. S.-P. : "Je sais que quelques activités tournant autour de l'ensachage, du remplissage des camions, avaient à l'époque été sous-traitées. Mais il me semble que pour le hangar 221,c'était uniquement le personnel d'AZF qui y rentrait".

 

Le tribunal entend ensuite Monsieur Felix qui était cadre technique à AZF et qui a supervisé le chantier de réaménagement du hangar 221 : « On a enlevé la dalle existante, puis une partie du sol. On a trouvé du nitrate, des morceaux de dalle dégradés.. On a fait des essais; on a recreusé, on est descendu loin pour trouver un sol consistant, puis on a refait un dallage en béton armé, avec une technique particulière pour résister au nitrate".

Il ajoute qu'un dallage béton sur lequel on met du nitrate doit être régulièrement refait car le nitrate est extrêmement corrosif. Il confirme la présence d'une croûte de nitrate.

 

"On laissait tout le temps une pellicule de nitrate... Pour protéger le béton...Il y en avait pratiquement partout. Dans le 221, il y en avait partout. Excepté dans le box où l'on nettoyait pour que les engins puissent entrer".

 

M.Biechlin ne peut pas imaginer une croûte dans le 221, Monsieur Felix l'a vue!

Claudine

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