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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 23:15

Audience du 13 mai


Au démarrage, auditions successives de Mrs Panel et Paillas, qui avaient des responsabilités dans la gestion du hangar 221, l'un chef des expéditions, l'autre adjoint du premier. Tous deux ont (mal) vécu les relations avec la police et l'instruction, qui les ont amenés à être interrogés sans ménagement alors qu'ils étaient convalescents suite à l'explosion, voire mis en garde à vue puis en examen avant de bénéficier d'un non-lieu.

Tous deux connaissaient bien le 221, qui était très propre et bien tenu. Pas ou peu d'humidité, pas d'infiltrations...

Mr Panel a cependant pas mal de trous de mémoire concernant des réunions et documents relatifs à l'état alarmant de la dalle du 221 dans les années 1990, ce qui a inciter à Me Stella Bisseuil de lui demander s'il s'appliquait les préceptes qu'il avait écrit dans un document inscrit au dossier : "En cas d'embarras, le mieux est de dire "je ne me souviens plus". Et en effet, Mr Panel ignorait les arrêtés préfectoraux concernant l'étanchéité du sol, les détecteur NOX (incendie), les rapports de la DRIRE ou même internes à Grande Paroisse concernant la dégradation du hangar, et que chlore et nitrate d'ammonium ne faisaient pas bon ménage.
Me Topaloff lui demande ensuite pourquoi il a déclaré lors de son interrogatoire du 22 septembre 2001, que la décision de ne pas refaire le sol du 221 n'avait pas été prise pour des raisons financières, lui suggérant même que les policiers l'avaient obligé à dire cela. Non, c'était de la confusion à ce moment-là.
(Pourtant cela a l'air bien précis, et Mr Panel a dit avoir été obligé de répondre sans réfléchir, ce qui ne fait pas forcément dire n'importe quoi)
De la même manière, le croquis du tas qu'il a fait lors de son interrogatoire laisse celui-ci largement déborder des poteaux et s'appuyer contre le muret qui séparait le lieu de stockage du sas (ou box). "C'était un schéma de principe, général". (dur à croire vis à vis de quelqu'un qui connait bien son tas, visité encore la veille du 21, et semble si scrupuleux du périmètre de sécurité du tas)
Enfin, seul une société écrite (TMG) sur 3 possédait un exemplaire des consignes concernant le 221, les autres ne recevant même pas de consignes orales.

Mr Paillas, grand défenseur des prestataires, pour lesquels il a "plus de considération que pour les dirigeants de GP" (grand moment de colère, je n'ai pas eu la présence d'esprit de regarder du côté de Grande Paroisse/Total), visitait le 221 tous les jours, le 21 il a eu la chance de ne pas s'y arrêter quelques minutes avant l'explosion.
A ses dires, tout allait bien, les salariés nettoyaient tout chaque jour, et l'humidité n'a jamais été trop importante dans le hangar.

"Tu me fends le cœur !" (Soulez-Larivière dans son côté Raimu)
Jolie intervention de Me Soulez-Larivière, demandant à Mr Paillas, après avoir rappelé qu'il avait été mis en examen, puis avait eu un non-lieu, puis un second après appel du parquet : "Mr Paillas, avez-vous sur le cœur quelque chose à dire ?" Première réaction : "Bah non, je ne vois pas ce que je pourrais rajouter..." Puis, soudain, il se rappelle et nous parle du sac fantôme de DCCNA qui n'a pu qu'être ajouté bien après l'explosion, et qu'un salarié travaillant à GP avait dû "prévenir" la police et doit se faire connaître !
(s'il existe, je craindrais pour lui qu'il rencontre Mr Paillas)

Messieurs Panel et Paillas reviennent le mardi 26.

Pas d'huile

Ensuite, nous avons eu un savant exposé d'un expert judiciaire du BRGM (convoqué par le Ministère public) qui a confirmé que, sur l'échantillon de croûte (sur la dalle) qui lui avait été donné en dernier recours après contre-enquête de GP, il n'y avait pas de trace d'hydrocarbures autres que de l'enrobage de NA... Ce qui lui a permis de se faire féliciter par la Défense (Me Courrégé), ce qui a été remarqué par le Président. Me Courrégé s'est même indignée que le président pose des questions embarrassantes à l'expert ("vous avez fait une analyse globale, mais il semble que si vous aviez pris couche par couche, certaines ont pas mal d'hydrocarbures, non ?" "Oui" réponds l'expert). Il est également soutenu par Me Bonnard qui rappelle que sur 139 échantillons, il n'a rien trouvé. Là, il ne répond pas dans le ton : "Mais sur les 138 premiers échantillons, je ne charchais pas la même chose..."

Plein d'huiles

Viennent enfin Mrs Philippot et Despré (professeurs de mécanique) qui nous font un numéro de duettiste pittoresque (vieux ronchon et plus jeune à tête, barbiche et timidité apparente du prof refoulé). Cependant, après un exposé clair mais longuet sur l'état général déplorable des engins utilisés sur le site, et montré les innombrables points de fuites d'huile, la confrontation avec la Défense a été de haute tenue.
Ils ont fini par affirmer que tous les engins avaient été utilisés, voire en partie réparés pour certains alors qu'ils étaient sous scellés, ce à quoi la hargneuse Me Courrégé n'a su que répondre "C'est dans les deux sens, des engins ont été examinés sans scellés" (nananère). "Faux" ont répondu les experts.
(On voit bien là qu'il semble s'agir d'un jeu, de cache-cache pour les uns, de cache-tampon ou de colin-maillard pour les autres : tu me fais quelque chose qui ne me plaît pas, je te rends la pareille en cachant des informations. On sent vraiment la recherche de la vérité vraie dans ces pratiques !)

Me Courrégé a ensuite dénoncé le fait que ces messieurs rapportent qu'il y avait manquement au décret de 1994 et à l'arrêté de 2000 concernant les engins approchant les nitrates : ces textes concernaient soit des nouvelles installations, contenant des nitrates de norme 13-131 (contre 13-130 dans le 221), soit uniquement les caterpillar (il y a plusieurs marques) et à l'intérieur du dépôt !
(Bah voilà, à usine modèle, comportement modèle : si la loi dit que quelque chose est dangereux et doit être évité, je ne vais surtout pas m'y plier puisqu'elle a bien pris soin de ne l'appliquer qu'au petits nouveaux - ça leur fera à peine plus de frais d'installation - et aux engins d'une seule marque, de celle qui ne va pas près de mon tas...)

Alors que Me Courrégé s'indignait que l'on puisse mettre en doute la tenue des carnets d'entretien, Mr Philippot a sorti des copies de ces fameux carnets, où ne sont notés que les niveaux d'huile (pas l'état des mécaniques et transmissions).  "On verra avec Mr Espeletta" a grogné Courrégé. Ce à quoi a répondu Despres :
"Mr Espeletta est très compétent, il n'y a rien à dire sur le chouler. Nous avons rencontré la plupart des conducteurs de GP, qui possèdent une extrème compétence et une grande efficacité pour utiliser ces engins, même vétustes. Mais la maintenance, ce n'est pas la même chose : les engins auraient dû être nettoyés tous les jours, ils ne l'étaient que toutes les semaines..."

Fermeture du ban

Pascal

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