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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 14:34
Audience du lundi 18 mai Madame Graciet, inspectrice du travail, ayant témoigné vendredi, la défense a préféré travailler tout le WK pour poser les questions qui fâchent, mais Madame Graciet aussi avait relu ses notes. Une fois précisé que Mr Fauré et Mr Simard étaient au courant de l’extension du contrat de ramassage des sacs à toute l’usine et que l’alerte d’explosion imminente relayée par la dépêche de l’AFP concernait non AZF, mais SNPE , les questions de la défense vont être pour moi une suite de provocations pour déstabiliser Madame Graciet. Me Bonnard va lancer le flot de questions « vos impressions sur le CHSCT » : ce sont des constats d’infraction. « De quoi parlait-on le 28 /09…à quelle heure…vous n’abordez pas l’entretien avec Mr Fauré ». Mme Graciet se défend, répond avec retard en cherchant dans ses notes, mais ce qui apparaît c’est qu’il valait mieux être le plus discrète possible sur les éléments récoltés lors des entretiens (Mr Fauré se serait fait rappeler à l’ordre par le CHSCT) . Des questions : sur des contradictions entre ces 2 témoignages de vendredi et ce lundi, sur ses imprécisions sur les balayures, sur l’absence notée de plan de prévention pour certaines des entreprises sous-traitantes, l’absence de relation avec les experts judiciaires, son absence de compétences pour expliquer l’explosion. Me Courrégé ira jusqu’à reprendre la chronologie « de la piste chlore » en surlignant son entretien avec Mr Barat où est évoqué que le DCCNA et le nitrate d’ammonium humide peuvent exploser sans apport d’énergie. Mme Graciet dira « j’avais des éléments de preuves…donc infraction à l’évaluation de risques ». Me Soulez-Larivière sous-entendra que c’est son interprétation de la piste chimique qui a provoqué la thèse de l’accusation et les mises en examens. Le Président corrigera en disant que les notes de Mme Graciet n’ont été exploitées qu’en juillet 2002, bien après les mises en examen. Même si Mme Graciet a tenu bon contre les coups de boutoir de la défense, elle n’a pas toujours retrouvé ses notes rapidement ce qui a donné une impression d’hésitation de la part de l’inspectrice du travail. Les autres auditions s'enchaînent, tous vont dire combien tout était bien fait : Mr Le Goff, ancien chef de la sécurité, va décrire « l’accueil sécurité » pour tous les opérateurs extérieurs intervenant sur le site. En fait une information de ¾ d’heure avec film de 10 minutes sur les activités de l’usine (Mignard précisera qu’on avait abandonné le film et qu’ils étudiaient la faisabilité d’un autre). Information généraliste pour obtenir un badge avec masque, casque avec un triangle de couleur qui changeait tous les ans. A charge aux gérants des entreprises sous-traitantes, ou au responsables des unités accueillantes de passer plus d’information sur les risques spécifiques aux ateliers. Bon en grattant bien on voit qu’il y a des exceptions tant sur la possibilité de rentrer sans badge, que sur la formation sur les produits et leurs dangers. Me Lévy insistera « formations sur le risque chimique » «aussi sur le risque incendie » ? Le Procureur se préoccupera des personnels ne parlant pas français, « tous le comprenaient un peu, sinon il étaient encadré par leur entreprise ». Me Courrégé se fera préciser que Mrs Le Doussal et Fauré étaient très sérieux voire même pointilleux. Mr Mignard, bravache, va faire des mises au point et corriger ce qui a été dit vendredi et par Mr Le Goff : pas possible que Mr Daoud n’ai pas suivi nos formations « accueil sécurité », puisqu’elles étaient systématiques pour tous en début d’année (en 2000, 1500 personnes ont suivi la formation). Là encore, en grattant bien, on voit que tout n’est pas parfait : des permis de travail non signés, le 221 n’était pas le centre de leur préoccupation (pas de retours des salariés), en septembre 2001 seul un petit fascicule sommaire avait été distribué, GP n’avait aucun document qui permettait de contrôler si les entreprises extérieures avaient donné la formation sur l’accident majeur et ses conséquences. Mr Mignard regrettera les manques et avouera son ignorance sur le dernier point. Me Casero donnera l’occasion au délégué syndical Mignard de parler de sa prise en compte des salariés sous-traitants « qui ont eu une indemnisation correcte… si leur employeur n’a pas utilisé les fonds à autre chose ». Mr Jean-Louis Manent, ancien chef du service entretien des ateliers urée, ammoniac, mélamine. Lui ne connaît que les « permis de travail » par opération, qu’on prépare la veille car le matin à 7h il ne faut pas perdre de temps pour intervenir. Et puis les intervenants étaient formés, avec une grande ancienneté dans l’usine. Bien sur si les interventions dépassaient les 400h c’était la procédure de la « Messe » avec tous les responsables GP et sous-traitants et où chacun parlait des risques. Il n’y avait pas de permis de travail global. Mr Manent rendra hommage aux « sous-traitants aussi formés que nous et qui ont perdus beaucoup des leurs ». Mr Guijarro, ancien directeur régional de CTRA, entreprise sous-traitante en chaudronnerie, tuyauterie, et maintenance industrielle, avait ses bureaux sur le site depuis 18 ans. Après une pensée pour toutes les victimes en particulier pour les familles de 2 de ses compagnons décédés, Mr Guijarro va se lancer dans un hommage appuyé de la culture de la sécurité de GP pour qui c’était un sujet de réflexion permanent (il pouvait comparer avec d’autres usines où son entreprise intervenait…). Enfin c’était idyllique : analyse des anomalies, des accidents de GP même des REX des accidents hors site (ATTO). Me Bonnard lui montrera la photo du barbecue, il s’en sort bien : « fête, 1 fois l’an, de Saint-Eloi patron de chaudronniers, mais je vois un tuyau d’arrosage et une pelle pour pelleter du sable, et puis nous avions un permis de feux, aucun risque nous étions à plus de 100m des ateliers de production ». Mr Pierrat, ingénieur chimiste ancien inspecteur des installations classées, travaille pour l’UIC (union des industries chimiques). Il rédige des recommandations pour la mise en œuvre de réglementations techniques en particulier comment traiter avec les entreprises sous-traitantes, non pardon, les entreprises extérieures. Ces entreprises extérieures ont des compétences spécifiques que les donneurs d’ordre n’ont plus. On verra que ces guides ne sont que des recommandations à charge de l’industriel de les mettre en œuvre ou pas. L’UIC ne va pas contrôler si les plans de prévention sont renouvelés tous les ans… Me Topaloff fera dire au témoin que, si les activités de nettoyage pouvaient être déléguées, « le fait de manipuler des sacs ayant contenu des produits incompatibles était une activité à risque » que l’on ne peut sous-traiter. Mr Pétrikowski, ancien chef du service maintenance de GP, raconte le système d’appel d’offre pour sélectionner les entreprises sous-traitantes et les critères de notation qui leur était appliqué. Tout était prévu même pour l’exigence de formation des intérimaires qu’employaient les sous-traitants. Me Bisseuil va revenir à la charge sur la distance entre la théorie et la pratique et les plans de prévention qui ont disparu. Le Président tente une question sur le devenir des nitrates souillés… Me Bonnard lit le cahier des charges de la MIP sur les nitrates souillés en fûts, mais ce n’est pas à l’avocate de la défense de répondre. Mr Pétrikowski s’en remet aux conclusions de la visite de l’inspectrice du travail en 2000 « tout était bien il fallait continuer comme ça ». Sur ce, plus personne ne veut la parole… pas même les prévenus, il est 19h40. Rose

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