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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 19:07
Mercredi 27 mai, drôle de longue journée...
À l'ordre du jour, les sacs du 335, le cratère revisité en 2009 et les mélanges.

Tout d'abord, audience de Mr Panel, employé AZF ayant eu pour rôle d'organiser l'inventaire des sacs vides présents dans le bâtiment 335 (demi-grand). Il ne se souvient de pas grand chose, est persuadé que c'est lui qui a rédigé l'inventaire manuscrit ("bien que, il se soit peut-être servi des notes de Mr Chantal" qui, lui, assure qu'il a rédigé le premier document). Quant aux contradictions liées aux différentes auditions et présentations de ce fameux document, "il doit s'agir d'une erreuer d'appréciation, le document original comportant 2 feuille, ce qui m'a été présenté n'en contenant qu'une, c'est pourquoi j'ai pu dire qu'il manquait des informations sur ce que l'on me présentait.
Mr Panel a beaucoup de problème de "souvenance" (sic, cf audition du 13 mai, http://plusjamaiscaniiciniailleurs.over-blog.org/article-31392463.html).
Mr Panel ne se souvient de rien sauf du fait qu'il n'y avait pas de sac de DCCNa dans le 335, en tout cas pas comme sur la photo qui lui a été présentée plus tard, il pense avoir été proche du lieu où la CEIGP a interrogé Mr Fauré, que peut-être Mr Peudpièce lui a appris que Mr Fauré avait fait une manœuvre inhabituelle le matin du 21 septembre, mais cela ne lui paraît pas génant puisqu'il ne s'agissait, selon sa souvenance, que de transporter du NA pur... Il reste évasif sur l'inventaire qu'il assure avoir effectué, au contraire du tri. En réponse aux parties civiles, qui remarquent qu'après l'inventaire, le tas de sacs reste un foutoir, il suppose que d'autres inventaires ont eu lieu ensuite, etc. Le fait que dans les dépositions, le terme "sacs de dérivés chlorés" apparaisse est  dû à une incompréhension, cela devait être "sacs provenant des ateliers de dérivés chlorés". Toutes ses réponses sont à l'avenant.
Comme fréquemment, les avocat-e-s (Courrégé, Bonnard) de la défense répondent régulièrement à la place du témoin.
Soulez-Larivière dénonce "la recherche d'anomalies non causales, qui ne relèvent pas du pénal", donnant ainsi le bâton pour se faire battre puisque c'est la stratégie de la défense vis à vis des experts depuis le début. Mais cela n'est pas relevé (sûrement de la bonne tenue entre pairs...).

Vient ensuite une rapide interrogation de Mr Biechlin, qui s'étonne à l'annonce du président du tribunal qu'il n'y ait pas eu, en 1999, de description de circulation dans l'usine des nitrates souillés (au contraire de l'urée, du chlore, ...). C. Léguevaque tente de faire la démonstration que le DCCNa ne sent pas tant que cela et veut tenter une expérience de mélange.... Indignation de la défense et suspension de séance.

Après la pause, 3 experts judiciaires viennent démontrer que dans les quelques scellés encore utilisables provenant du bâtiment 335, des traces de chlore subsistent sans pour autant pouvoir les attribuer à la décomposition du DCCNa. Fidèle à son rôle attribué de démonteuse d'experts, Mme Courrégé mordille les mollets en prétendant ne pas comprendre ce qui a été énoncé, tentant de déstabiliser les intervenants qui ne saisissent pas ce qu'elle attend d'eux d'autre que ce qui a déjà été dit. Une fois qu'elle considère que son numéro est terminé, elle laisse tomber, comme si de rien n'était.

Où un "expert" peut se demander à quel jeu on le fait jouer

L'après-midi démarre avec le summum de la technologie présentée par un directeur adjoint de l'IGN (Institut Géographique National, à majorité public), à savoir la photogrammétrie. Certte technique n'a pas besoin d'aller sur le trerrain pour déterminer contours, orientation, volume du cratère dû à l'explosion, des séries de photos, certe précises, suffisent. Mr Kasser a réalisé ce travail il y a quelques semaines, soit bien après le début du procès, à la demande de GP. Il déplore que le travail de métrage du cratère par le géomètre ait été réalisé bien trop tard,  ce qui a valu une erreur d'appréciation d'1,70 mètres sur la réalité que son ordinateur a décrétée.
Dommage, Mr Sompayrac, le fameux géomètre dépassé, est là et; qui plus est avec son ordinateur. Il réfute point par point les allégations de Mr le directeur IGN, rappelant que les relevés ont été terminés le 22/09/01 à 17h, bien avant que quiconque d'autre rentre dans le cratère, qu'un certains nombres de documents utilisés par Kasser ont été commandés par lui-même, et que ses résultats sur l'emplacement du cratère sont calqués sur les mêmes bases "orthophotométriques". Bref, s'il y a décalage, cela n'est pas seulement  le fait du cratère, mais de l'ensemble du site...
Bonnard (défense) essaie alors d'attaquer Sompayrac sur le fait qu'il ne nous ait pas tout montré de sa démonstration lors de son audition par le Tribunal (ce qui tend à montrer que la défense a fait appel à Kasser pour tenter de faire jouer teknologie moderne et donc vraie contre vieilles méthodes obsolètes) mais son assaut fait long feu. Tentative est également faite par la défense (était-ce son seul but en faisant appel - coûteusement - à l'IGN et en particulier l'un de ses dirigeants) de faire dire à Mr Kasser, qui a fait de la géologie dans le passé, que vu la forme du cratère, d'un côté il repose sur de la terre meuble et de l'autre sur de la roche solide (ce qui expliquerait, sans avoir à passer par la description des spécialistes en détonique qui y voit la signature de la dynamique de l'explosion, la forme "atypique" du cratère) En vain, opposition du président à interroger le témoin sur autre chose que sa compétence reconnue, et description de Sompayrac qui s'est permis d'aller sur le terrain et peut qualifier les différences de terrain (en réalité, la pente douce est constituée de matériaux plus rigides que la pente abrupte du cratère...).

Le nitrate d'ammonium ne peut pas exploser

Mme Mauzac, veuve d'un ingénieur AZF et directrice d'un labo de chimie, nous fait une démonstration de l'impossibilité de faire exploser du NA, du moins statistiquement parlant. Les (autres) parties civiles, par la voie de Me Topaloff (CGT, CGT chimie), ont déclaré ne pas vouloir poser de questions pour ne pas avoir à polémiquer avec Mme Mauzac, même si elles ne partagent pas son point de vue. Son avocat a tout de même tenté de montrer que seule la vérité la dirigeait.

Elle est applaudie par les rangs d'AZF Mémoire et solidarité, qui applaudissent ensuite l'arrivée de Mr Guiochon, témoin suivant, ce qui provoque la réaction d'une famille endeuillée : "On n'est pas au théâtre". Eclats de voix, suspension de séance, la famille est évacuée, c'est plus dur pour évacuer AZF,M&S, du coup, le président demande le retour de la famille et prévient que si une telle action se reproduit le procès se terminera à huis clos...

Mr Guiochon, hyper spécialiste des nitrates d'ammonium (il a fait sa thèse dessus en 1957 !), a bien connu Mr Médard, auteur de l'ouvrage de référence, et lui fait confiance : il n'y a pu y avoir d'accident. Sa démonstration tient à dénouer les fils de l'enquête, non pas du point de vue scientifique (mélanges de produits), mais de celui de la probabilité des occurrences qui auraient pu mener à l'accident (en résumé : la vie est tellement improbable qu'elle n'existe sûrement pas, je peux vous l'affirmer). Suit un démo

ntage de l'expérimentation et le regret que Total n'ait pas accédé à son projet de tenter une explosion grandeur nature aux USA (où il demeure)  d'un tas d'ammonitrate à partir d'une décharge électrique (Total aurait reculé devant le million de dollars nécessaire à l'expérimentation).
Bref, pour Mr Guiochon, les experts ne sont pas très scientifiques, la cause de l'explosion ne peut être celle retenue par l'accusation ni un attentat avec détonateur placé dans le tas. Après avoir mouché le procureur sur sa connaissance du dossier, il admet que ses copains ricains séparent plus franchement chlore et nitrates, que la chimie industrielle est dangereuse et que l'on ne devrait pas installer d'usines en banlieue.
La défense ne se sert de ce témoin que pour dénigrer les essais de Gramat ayant produit une explosion (sur 25 essais) à partir de NA, de DCCNa et d'eau.

Un étonnant mélange détonant

Vient enfin Mr Presles, directeur de recherche au CNRS en détonique et combustion, appelé par le ministère public (l'accusation) alors qu'il a effectué ses travaux à la demande de la Commission d'Enquête Interne Grande Paroisse...
Les premières recherches de Mr Presles ont montré que les décharges électriques ne pouvaient produire l'explosion de NA.
Les essais du laboratoire de Poitiers ont démontrer la faculté "d'autoexplosion" d'un mélange de NA, de DCCNa et d'un peu d'eau. Les tests sont probants en petite quantité, confinée ou peu confinée (tube de PVC très fin), non probants en quantité plus importante (quelques dizaines de kg), non testés sur des quantités rejoignant les 100 tonnes de NA (en russie) par arrêt du contrat par Grande Paroisse, alors que tout était en place.
La cause du caractère autoexplosif pourrait être la migration d'un gaz (qui pourrait être du NCL3, produit de la dégradation du DCCNa par l'eau, mais Mr Presles, ne l'ayant pas analysé, ne veut pas l'affirmer) du mélange NA-DCCna vers le NAI. Cela reste à caractériser.

Quand le privé prive

Hors contrat GP, Mr Presles continue ses recherches en particulier sur les causes de l'explosion du grand tas du 221. Selon ses simulations, une explosion survenue dans un tas du box (sas) pourrait avoir fait sauter , et même voler le muret de séparation vers le grand tas, son énergie cinétique étant suffisante pour transmettre à celui-ci l'énergie suffisante à son explosion. Mais cette recherche n'en est qu'à ses débuts.
La suite des débats a essentiellement porté sur l'interdiction faite par GP à Presles de publier ses résultats, avant la fin du procès, alors que ce dernier pense qu'ils sont importants du point de vue de la sécurité des travailleurs de la chimie. Tant les avocats de la défense que Mr Grasset, représentant GP, n'ont pu que dire que, bon, c'étaient des résultats partiels, que finalement il y avait pas mal de gens au courant quand même, que le directeur général Grasset n'était pas vraiment au courant, etc... C'est Me Carrère (parties civiles) qui donne le coup de grâce : "Vous saviez et n'avez rien communiqué alors que l'argumentation de votre défense est la recherche de la vérité ! " Soulez-Larivière est empêché de répondre à la place de Grasset qui dit "on n'a rien dissimulé". Carrère : "Ne croyez-vous pas que, sur le plan de la citoyenneté et par rapport aux travailleurs des usines, ce serait normal de les prévenir, au-delà de ce que représente ce procès ?" La réponse est un morceau d'anthologie de la stratégie patronale : [je ne retranscris que le sens] "C'est injurieux pour Grande Paroisse, qui n'expose pas volontairement ses salariés" Suit un avis sur le caractère incomplet de la recherche de Poitiers.
Tout est dit : Le plan de la citoyenneté, pour Mr Grasset, s'arrête aux portes de ses usines, quand il doit faire bonne figure auprès de ses salariés. Qu'en pensent et que savent les salariés de Grande Paroisse du Grand Quevilly par exemple ? Sans parler des autres sociétés de l'industrie chimique...

Je me permettrais de ne pas m'apesantir sur l'intervention du chimiste Bonnet, cité comme Mr Guiochon par Mme Mauzac et qui nous a dit tout le bien qu'il a pensé de devoir répondre à la presse après l'explosion, qu'il pensait être à même de parler des ammonitrates puis qu'il était d'une famille d'agricukteurs, qu'il avait fait un stage à AZF et qu'un bon copain de lycée avait fait carrière dans le nitrate d'ammonium industriel en décuplant ses ventes vers des pays où ses caractéristiques explosives sont indispensables comme les pays d'Afrique, d'Amérique latine, ... Ensuite il a voulu démontrer que les tests en labo ne pouvaient être significatifs car parfois il suffisait que la marque du fabriquant d'un produit ne soit pas la même pour que les résultats soient complètement différents. A la remarque du président lui demandant si, finalement, la chimie n'était pas une science exacte, il a perdu de sa constance et je suis parti, il était 20h45...

Pascal

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