Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 11:48
 

Audience du mardi 9 juin

 

Dans l’indifférence général, l’expert de GP s'embrouille dans des exposés et des expériences, qu'il n'a pas réalisées lui même, pour démolir la thèse de l’accusation ; les « bons » sacs sont sortis du (chapeau) sac bien à propos ; les balayures se ramassent à la pelle ; la lettre de Mr Abellan sera lue…les avocats attendent les plaidoiries.

 

Le président commence l’audience en indiquant le retour de la commission rogatoire sur la visite des policiers à la SNPE le 1 septembre 2001. Nous n’en saurons pas plus ; les conclusions de l’incident sont versées au dossier.

Me Bisseuil, Me Levy et le Procureur demanderont de ne pas verser au dossier les présentations de Mr Lefèbvre qui ne sont qu’un support de présentation et pas une pièce pénale. Suspension d’audience de 5 minutes. Au retour le Président demandera aux parties de formuler leurs observations, j’ai supposé par écrit.

On entend Mr Lefebvre, l’expert belge commandité par GP, mettre à mal la thèse de l’accusation. Il veut nous faire comprendre que les conditions du tir 24 n’ont pas de réalité vrai et donc que la chaîne pyrotechnique n’est pas possible, ni la formation chimique de la chaîne pyrotechnique. En 41h, temps où le DCCNA est resté dans une benne du hangar 335 avant déversement dans le box du 221, le DCCNA se désactive et il y a disparition presque complète du chlore actif. Pour faire sa démonstration M.L montrera, en parallèle, des images du tir 24 et d’une reconstitution : un camion déversant des granulés verts sur une « croûte » mouillée par un arrosoir. C’est avec cette image qu’il se fera piéger par Me Topaloff, il n’a pas fait lui-même cette expérience « je n’étais pas présent », GP avait fourni les « documents illustratifs ». Après un dialogue hilarant sur du NCL3 qui rampe selon ML, qui monte à gauche selon Me Topaloff, ML voit bien monter « quelque chose » ; c’est le tour de qualifier les conditions météo prises en compte par ML. « Sec ou humide » demande Me Topaloff « sec ou humide, c’est relatif ». Plus méchant Me Levy lui reprochera de mentir. ML se défendra en disant qu’il n’avait pas compris la question. Le Procureur le crucifiera en le poussant à dire qu’il n’avait pas fait lui-même ses expériences. Me Courrégé viendra à son secours mais en vain, l’expert s’embrouille, il a préparé son exposé la semaine dernière, et ce WE. Le Président donne la parole aux experts… qui n’ont rien à dire et l’audience est suspendue.

A la reprise de l’audience, on sent bien que pas grand monde ne va s’intéresser à l’exposé de ML sur la réactivité de la toiture, la conclusion est attendue et péremptoire : « l’étude des effets lumineux de la toiture est sans objet », le Président tente une dernière question ; plus personne ne pose de questions. Quand vient la synthèse finale, énumération de toutes les impossibilités, on sait déjà par avance que la thèse de l’accusation sera explosée, la conclusion de la conclusion « c’est que du spéculatif ». A l’ultime question du Président « si toutes les conditions avaient été réunies, on pouvait expliquer l’explosion ? », MF répondra « non ».

A ma grande stupeur, ni les parties civiles, ni les experts ni la défense ne poseront de questions, et l’audience est suspendue.

 

A la reprise de l’audience, le Président veut en finir très vite avec des histoires du plan du 221 fournit par la défense. Quelques échanges mouchetés sur la reconstitution de ce plan et de largeur de porte. On verra, au moment des plaidoiries, si ces éléments sont importants.

Le Président propose le visionnage d’un petit film fourni par la Défense. On voit, comme dans un film publicitaire, comment on transporte bien des sacs (GRVS) de nitrates, avec une seule anse que l’on « craque » au couteau pour les vider, et combien ils sont différents des sacs (GRVS) de DCCNA à 4 anses bleus et que l’on vide, en les surélevant, par le fond que l’on dénoue proprement et on secoue bien pour que rien ne reste. On voit bien que c’est une reconstitution, « pour le besoins de la cause » comme le remarquera le Procureur. Mr Grasset GP en conviendra. Il devait bien rester quelque chose au fond des sacs puisque Mr Domenech, expert GP, en enverra des prélèvements pour analyse.

Le clou du spectacle arrive. Le Président nous explique comment, en mars 2003, GP fait établir par huissier des scellés avec des sacs du 335 qui sont transportés à Rouen. Puis un autre huissier, toujours pour GP, établira d’autres scellés avec certains sacs qui seront enfermés dans un sac… qui est apporté en grande pompe devant le tribunal, et que l’huissier du Tribunal va ouvrir. Comme un lapin sortant du chapeau, sortent du sac, des sacs avec des inscriptions en vert et en noir. Me Levy dira que « GP c’est fabriqué une preuve ». En effet, la couleur verte était pour les ammonitrates et le noir pour le nitrate industriel (qu’il faut absolument pour l’explosion). Mr Fauré, lors de sa déposition, avait dit avoir transporté un sac avec des inscriptions en noir… donc ce qu’il avait vu était sûrement ces sacs sortis du chapeau ; bon d’accord, j’interprète. On parlera des contenances… je passe et Me Courrégé fera vérifier par le responsable transport (qui bien sûr était dans la salle) si c’était bien des sacs numérotés d’AZF. J’avoue que je n’ai pas entendu la réponse. Les parties civiles n’auront, là non plus, aucune question à poser.

 

Le Procureur interpellera le Président sur la lettre qu’il doit avoir reçu de Georges Abellan, et voudrait que « ces éléments soient connus de tous ». Le Président lit la lettre où Mr Abellan témoigne des « balayures » de dérivés chlorés que lui ramassait à la pelle et qui pouvaient être stockées dans des GRVS et pas seulement dans des fûts de 50 kg lorsque les installations étaient en mode dégradé avec beaucoup de produits chlorés au sol. Ils n’utilisaient jamais de sacs neufs. Les prévenus sont choqués par ce témoignage tardif. Mr Biechlin réclame une fiche d’anomalie. Me Levy voudrait que l’on entende Mr Abellan qui est dans la salle. Me Forreman ne souhaite pas entendre les 3000 parties civiles… Le Président n’appellera pas Mr Abellan, mais chacun a les éléments de la lettre.

 

L’audience se termine par une série de questions aux prévenus en préparation aux auditions mercredi de Total. Mr Biechlin ne sait rien des tractations de reprise pour l’atelier nitrates mais sait pour la reprise de le l’atelier ACD. Les investissements pour le service ammoniac étaient programmés du temps d’Elf, les travaux commandés début janvier 2000 et réalisés mi 2000 après la reprise par Total (mais Total aurait pu refuser de les faire). Les effectifs entre 1998 et 2001 n’avaient pas fait l’objet d’un plan social et étaient restés les mêmes (Me Lèguevaques précise en 1995 : 515 salariés, en 2001 : 450). Les contrats des sous-traitants ont été reconduits même à la reprise par TMG, les salariés sous-traitants sont restés. Me Lèguevaques voudrait voir « la délégation de pouvoir d’ATOFINA à Mr Biechlin » qui ne l’a pas recherchée et qu’il a intérêt à retrouver pour le Président…

 

Le Président clôt l’audience à 18h30, en considérant que l’instruction est terminée, quelques questions seront encore posées aux prévenus vendredi matin.

Impression de grande lassitude, les avocats attendent avec impatience les plaidoiries !!

 

Reprise mercredi à 9h30 puis 14h

 

Rose

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by PJCNina-CdP
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de PJCNina-CdP
  • Le blog de PJCNina-CdP
  • : Ce blog a été crée lors de l'ouverture du procès en 1ère instance, concernant l'explosion d'AZF, pour publier et commenter les résumés d'audience au fur et à mesure.
  • Contact

Recherche

Liens