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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 18:48
 

Audience du vendredi 19 juin

 

 

Maîtres Forget ( Mémoire et solidarité) et Vacarie ( syndicat des cadres de l'usine AZF ) sont intervenus pour conclure dans le même sens : puisque la thèse de l'accident ne peut être corroborée par les démonstrations peu convaincantes des experts judiciaires il faut que le tribunal demande un supplément d'informations, il ne peut se prononcer en l'état.

Chacun a fait sa plaidoirie avec plus ou moins de brio et d'arguments et je retiendrai dans celle de Maître Forget de longues explications quasi psychologiques pour expliquer voire justifier l'attitude de son client face aux thèses de l'accusation tout en précisant bien que les salariés ne défendent pas l'organisation de l'entreprise. Il prend soin également d'écarter les caricatures, thèses des complots et attentats tout en soutenant que la thèse de l'accident telle qu'elle est présentée ne le satisfait pas.

Il reste très général, au dessus des explication des experts tout en précisant que ce sont ces mêmes experts qui ont détourné les salariés de la thèse de l'accident qu'ils avaient dans un premier temps privilégiée. L'association dit il a très mal vécu l'accusation d'avoir véhiculé la thèse du complot car jamais elle n'a souhaité que des demandes d'actes soient faites à ce sujet. Don't acte.

 

Mais 4 choses perturbent encore Maître Forget:

1- la piste volontaire: qui est la personne avec la petite moustache, ne peut on l'identifier?

2- quel hélicoptère? S'il s'agit d'un puma, c'est l'armée. Le site était il protégé par l'armée?

3- les caractéristiques du spectre du 1er son n'étaient pas les caractéristiques d'un son sismique les experts ne pourraient ils pas se mettre d'accord?

4- les témoignages sur les signes précurseurs «  ce n'est pas parce que l'on ne comprend pas que cela ne s'est pas produit »

Ces questionnements disent clairement que Maître Forget - et son client - ne croient pas en la thèse de l'accident chimique, pour eux il s'est donc passé autre chose mais, comme je l'ai écrit au dessus, c'est la faute aux experts parce qu'au début, il y croyaient à l'accident...

 

En résumé c'est une plaidoirie assez réussie sur la forme mais très creuse et très ambigüe sur le fond.

 

 

J'ai été plus séduite par la plaidoirie de Maître Carrière Givanovitch qui défend la famille Le Doussal. Maître Carrière Givanovitch appelle un chat un chat et plaide avec assurance sans notes en parlant au nom de Monsieur Le Doussal décédé. Une semaine avant l'explosion il était très préoccupé et s'était confié à certaines personnes de son entourage. A un ami malade il a dit «  c'est peut être moi qui partirait avant toi avec les risques qu'il y a là bas » Il avait constaté un surstockage et vivait très mal les pressions de sa hiérarchie concernant ses demandes de rentabilité.

Elle demande au tribunal de lire les procès verbaux des réunions du comité d'établissement, tout y est dit elle: la sous traitance, les réductions d'effectifs, la formation qui n'est pas faite.

Elle s'étonne d'être seule à représenter des salariés décédés et regrette que dans cette affaire ce soit les morts qui aient tort.

Elle n'épargne ni Monsieur Mignard et son association, ni certains témoins qui ne se souviennent plus de rien, ni les prévenus « arrogants et suffisants », M. Biechlin, un homme dur, sûr de lui, qui sait tout ».

Elle conclura en soutenant l'action publique, en disant qu'elle ne peut accepter que Maître Forget plaide avec la défense, que les salariés soient solidaires de leur patron. Elle dit « Monsieur Le Doussal a essayé de parler mais il n'a pas été entendu ».

 

Maître Duguet plaidera ensuite au nom d'une vingtaine de clients et réclamera la condamnation de M. Biechlin.

Maître Dunac avocat des « Verts » accable aussi M. Biechlin et Grande Paroisse qui ne pouvait ignorer les risques qu'ils prenaient.

Comme moi, il remarque le sourire dont M. Biechlin ne s'est pas départi lors des plaidoiries le mettant en cause et dit que lui, ça ne le fait pas sourire.

 

Viennent ensuite , les interventions des parties civiles sans avocat

 

M.Visentin qui demande des décisions correspondant aux préjudices subis en ajoutant sous forme d'interrogation que le vrai responsable pourrait être l'Etat ( ndlr la théorie du complot refait surface!)

 

Mme Coma vient dire à la barre que son frère se sentait en sécurité dans l'usine et qu'elle ne connaît

toujours pas après le procès les causes de la catastrophe.

 

Mme Baux ne sait pas trop ce qu'elle vient demander, elle veut s'exprimer en son nom personnel mais elle indique aussi qu'elle est présidente de l'association « Agir pour les Oustalous ».

Prudente, elle ne dit pas explicitement qu'elle parle aussi au nom de cette association (je ne suis pas sûre et elle non plus que les membres, s'il y en a encore, de cette association soient au courant à priori des prises de position de leur présidente!).

Sur l'insistance du Président elle finit par dire qu'elle demande 1€ symbolique contre le responsable de l'accident mais qu'on ne le connait pas. Le président lui demande alors si elle souhaite la relaxe de M. Biechlin et de Grande Paroisse. Pour M. Biechlin qui, selon elle ne peut être jugé pour une faute qu'il n'a pas commise, c'est oui . Elle dit ne pas connaître Grande Paroisse.

 

Mme Boucly souhaite un complément d'informations, elle veut compléter son audition ce que lui refuse le Président avec calme mais détermination, il lui indique que le tribunal prendra connaissance de son courrier et qu'il se prononcera le moment venu.

Madame Boucly paraît très mécontente.

 

M. Lagaillarde et M. Pailhes souhaitent des compléments d'informations, ils ne croient visiblement pas à la thèse de l'accusation.

 

M.Lay demande des peines pour tous les prévenus, le Président lui fait remarquer que ce n'est pas à lui de demander des peines mais qu'il peut seulement soutenir l'action publique contre Grande Paroisse et M. Biechlin, car le Ministère public ne soutient pas l'action contre Total et M. Desmarest

 

M.Abellan dénonce de nouveau les manquements à la sécurité de l'usine AZF et de ses responsables, il précise être inscrit dans la citation directe contre Total et Desmarest, il demande de soutenir l'action publique à l'encontre de M. Biechlin et de Grande Paroisse. Il réclame l'euro symbolique.

 

M.Grelier sera entendu par le tribunal comme prévu mardi

 

 

Claudine

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