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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 20:58


Audience du 26 juin: La Défense continue à réfuter la thèse du mélange « explosif » : le tir 24 est ne prouve rien, Serge Biechlin n’a rien à se reprocher et on n’a pas prouvé que ce n’était pas un attentat islamiste !

 

Me Courrégé commence par « mon sujet n’est guère difficile, je vais parler de chimie et de détonique » et poursuit plus tard par en disant qu’elle n’est pas chimiste et va donc raisonner en droit !

Sa plaidoirie(1h30) ressemble à la  longue histoire qu’une  maman  raconte à ses 5 ados qui la regardent de haut (c’est le tribunal sur l’estrade) pour les prévenir de ne pas écouter les rumeurs.

Elle se base essentiellement sur l’absence certaine de chlore dans le 335 et se contente de dire que la thèse de l’accident résulte d’une envie de l’accusation, et que le scénario établi relève de l’imaginaire et de l’impossible. Pour cela elle s’appuie beaucoup sur la reconstitution, qui n’a rien révélé…

En aucun cas elle ne revient sur les manquements, ou fautes reprochés à SB et continue de démonter les experts judiciaires, remettant en cause le tir 24 et, astuce suprême, mettant en avant les doutes de Mr Bergues, en les sortant évidemment de leurs contextes

« les tas se promènent, les témoins sont formatés. Je suis indignée. Ce sont les tas des experts qui ont évolué. ….Les vrais tas de la vraie vie ont toujours été là. »

Pendant la plaidoirie, S.Biechlin est aux anges et sourit à qui le veut (ou ne le veut pas), le président lâche carrément un bâillement (mais contrairement à la plaidoirie suivante les juges donnent l’impression d’avoir envie d’entendre ce qu’elle a à dire, même s’ils la regardent comme une aliène).

 

 

Me Bonnard

Ne laisse même pas au président le temps de la présenter et attaque tout de go sur « une catastrophe s’est produite » en imposant immédiatement son ton arrogant/pédant.

Pour elle :« La seule chose qu’on pourrait reprocher à S.Biechlin, c’est d’avoir modifié le statut des pompiers »" (on croit rêver !!!!)

 

On ré-entend l’usine parfaite et le merveilleux directeur responsable, car la responsabilité c’est répondre aux questions, et S. Biechlin a répondu « il a voulu tout expliquer tant sa connaissance de l’usine est grande »

 

« On n'est pas en droit civil, ni en droit du travail. La seule présomption qui est reconnue en droit pénal, c'est la présomption d'innocence!
 Il ne faut pas se tromper de droit applicable. C'est le droit pénal qui prime… Le danger n'était pas connu de la communauté internationale scientifique. Personne ne savait que cela pouvait se produire (cela reviendra plusieurs fois dans sa plaidoirie) Les précautions prises par l'exploitant étaient suffisantes. Alors on essaie d'accumuler contre lui des poussières de faute, qui ne constituent pas, j'ose le dire, un tas de fautes. »

De son côté, elle ne s’en prend pas aux experts mais aux avocats des parties civiles : « Me Casero dans son désordre, Me Bisseuil dans son imaginaire, Me Levy (désolée je n’ai pas entendu) et Me Topaloff dans son courage faute d’avoir pu changer du plomb en or »

La faute caractérisée : la défaillance reprochée doit être inadmissible ;le risque doit être connu ;les manquements reprochés doivent exposer autrui à un risque prévisible.

Or ici nous sommes dans une situation de suite d’éléments totalement improbables, de « l’autre côté de la barre on a du mal a accepter qu’il n’y ait pas de risque 0 ».

Serge Biechlin a pris toutes les mesures raisonnables si l'on s'en tient à la méthode probabiliste en vigueur à l'époque (il me semble qu’en 2001, on en était encore à la méthode déterministe !)

D’ailleurs, si on y croyait vraiment à l’explosion suite à un accident on aurait interdit la vente de DCCNa, qui n’est qu’un confort, mais ça n’a pas été fait parce que personne n’y croit.

Elle appelle à l’humilité : on a cherché mais on n’a pas trouvé, donc Biechlin n’a pas à être condamné.

L’infraction pour mauvaise évaluation des risques n’est fondée que sur 1PV

Tout était parfait, sécurité, stockage, suivi et compréhension des consignes,…

Le lien de causalité : on ne connait pas la cause du dommage

Le pénal ne doit pas s’en tenir à de simples probabilités (mais Biechelin lui peut !!!)

Et en conclusion, dans tous les cas même le jugement n’apportera pas la vérité alors à quoi bon condamner ?

 

Vient le tour de Mr Foreman… (2h ?!)

Une vraie catastrophe, je ne comprends même pas comment il peut oser dire tout ça devant le tribunal. On a senti une certaine gêne de la part du tribunal, il y a eu des remous du côté des avocats des parties civiles et il y avait de quoi !!

Il commence par : « je ne suis pas là pour accuser H.Jandoubi, mais…. » Il reprend alors toutes les « pistes »

 -il y a une mouvance afghane à Toulouse (y a aussi des trafics de peaux de chats !)

-plusieurs appels à la police pour parler de l’impasse Allère

-en 2005 islamisation de certaines franges de la société

- le TATB ne laisse pas de traces donc normal qu’on n’en ait pas retrouvé, après tout on n’a pas non plus retrouvé de chlore

- « j’ai lu le livre de Menessier »

- « si ce n’était pas Jandoubi  c’était un autre » (il a caché un voyage a Frankfort à sa femme !!!)

- « peut-être qu’il y a eu, en 2001, des gens comme ça [trafiquants de nitrates ], un peu allumés, qui auraient convaincu un Jandoubi un peu à la dérive »

- Lacoste qui disait « qu’ils allaient faire péter l’usine »

- La situation était « anormale » au SRPJ de Toulouse

 

En gros il défend le principe de : on ne peut pas se fier à la thèse accidentelle par élimination.

Et il termine par : « je ne voulais pas attaquer Jandoubi, je ne peux pas et je n’en ai pas l’intention de vous convaincre de sa culpabilité, mais il peut avoir joué un rôle, laissé entrer quelqu’un……… je crois avoir donné plus de faits que n’en n’ont donnés les experts judiciaires sur la piste du chlore. La piste volontaire a un niveau de vraisemblance raisonnable qui justifiait des investigations supplémentaires. »

 

Mais ceci dit ; « est-il responsable de confier à la justice pénale la recherche de la vérité ? »

On quitte la salle un peu « chiffonnées et en même temps en colère » par cette dernière plaidoirie « nauséabonde »

Bianca et Geneviève

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Published by PJCNina-CdP
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