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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 08:38
 

 

21 septembre 2001 - 21 septembre 2009

10h17  8ème commémoration de la catastrophe d'AZF
Au rond point du 21 septembre ( rte de Seysse rte d'Espagne  av de Muret) 
commémoration et prises de parole

discours de PJC nina

AZF une catastrophe et un procès pour rien ?

 

 

 

Les débats du procès AZF ont montré qu’un enchaînement de faits a conduit à l’explosion du 21 septembre 2001. Les dirigeants de Total et de l'usine AZF les avaient estimés peu probables, et pourtant :

- La fabrication de produits chlorés et de nitrates -produits incompatibles- dans la même usine : c’était une réalité

- La rencontre des deux produits : un scénario possible compte tenu de la configuration du site, non pris en compte par l’industriel

- Le déversement de ce mélange sur un tas de nitrates déclassés : le résultat de l’absence de procédures

- La présence d’humidité : une évidence car la porte du hangar 221 ne fermait pas

- Une réaction chimique entre les deux produits : un phénomène connu lorsque ces produits étaient sous forme liquide

- La présence d’un tas de plus de 500 tonnes de nitrates : la conséquence d’une absence de gestion du stock

 

La succession d’événements jugés peu probables par l’industriel a pourtant conduit à une catastrophe majeure.

 

Grande Paroisse a nié dans ses études le risque d’explosion des nitrates. Personne n’a donc jamais examiné les scénarios qui pouvaient conduire à cet événement. Pire encore, l’industriel a jugé inutile de respecter les prescriptions des arrêtés préfectoraux, les recommandations professionnelles et les consignes de sécurité élémentaires en matière de stockage de produits dangereux et de gestion des déchets.

 

Le 30 juillet 2003 une nouvelle loi sur l'encadrement des activités à risques a été votée, en réaction à l'explosion d'AZF, nous a-t-on dit. Cette loi a plusieurs caractéristiques, dont la création d'un nouveau mode de calcul des risques. Avant cette loi, les études de danger prenaient en compte le plus grand accident possible pour définir les mesures de sécurité, sans tenir compte de la probabilité de survenue. Depuis cette loi, quand un accident potentiel est très peu probable, on en tient très peu compte, voire pas du tout. Cette loi entérine l'erreur stratégique sur la sécurité à Toulouse. Elle rend l'explosion du 21 septembre réglementaire, légale…

Et demain ou dans quelques années, Ici ou ailleurs, un accident industriel tuera encore…

Alors AZF, une catastrophe pour rien ?

 

D'ailleurs quand le tribunal demande aux hauts responsables de TOTAL ce qui a changé dans les usines depuis le 21 septembre 2001 la réponse est « rien ». Quand le tribunal demande au directeur ce qu’il aurait changé au fonctionnement de l’usine, il répond : « j'aurais organisé des journées portes ouvertes ». Ainsi donc le taux de probabilité pour qu'un industriel tire des enseignements intelligents d'un accident industriel est très faible voire nul.

Pour preuve la SME, ex SNPE, est aujourd'hui en infraction avec la réglementation SEVESO. Elle continue à générer un risque majeur pour le Cancéropôle.

 

Il y a convergence de pratiques entre législateurs et industriels pour favoriser la rentabilité et les profits.

 

Pour PJCNiNa le droit et les pratiques judiciaires doivent changer pour aller vers une plus grande responsabilité des industriels. Ce n'est pas en renonçant à une sanction justifiée à l'encontre d'entreprises non respectueuses de la sécurité de leurs salariés et des riverains que l'on rendra service à la société. C'est en réprimant les auteurs de ces délits que le droit devient socialement utile.

 

Nous avons entendu le procureur souhaiter qu'en mémoire de tous ceux qui ont perdu la vie dans cette catastrophe, tous les enseignements en soient tirés par ceux qui peuvent le faire.

Mais le droit et les réquisitions du procureur limitent les éventuelles condamnations à des amendes et des peines dérisoires et ce dernier se retranche derrière le droit pour ne pas requérir contre Total alors qu'il a rappelé tout au long de son intervention les liens entre la maison mère Total et sa filiale Grande Paroisse.

Aujourd'hui la loi française ne veut pas attaquer les industriels. Aujourd'hui, le rapport de force est en faveur des entreprises qui risquent la vie des citoyens en réduisant les mesures de sécurité et en privilégiant la sous-traitance pour augmenter leurs profits.

 

Si Total n’était pas poursuivi, ce serait le plus mauvais signal à donner aux gestionnaires d'installation dangereuses ; ce serait dire à tous « Allez-y ! »

 

 

 

Alors AZF un procès pour rien ?

Réponse le 19 Novembre 2009

 

 

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Published by PJCNina-CdP
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  • : Ce blog a été crée lors de l'ouverture du procès en 1ère instance, concernant l'explosion d'AZF, pour publier et commenter les résumés d'audience au fur et à mesure.
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