Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 22:17

Suite à sa demande, une délégation de la coordination nationale des associations riveraines des sites Séveso a été reçue le lundi 15 octobre au Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie par une conseillère technique du cabinet de la Ministre concernée.

 

Participaient à cette audience : Lilian SERRRE (Narbonne) – Denis MOLIN (Toulouse) – Sylvestre PUECH (Marseille) – Jean François DUPONT (Ile de France) – Michel LE CLER (Donges).

 

Dans un premier temps, les membres de la délégation ont rappelé :

  • l’historique de la coordination et ses objectifs : sa création, les différentes rencontres nationales, sa composition et les nombreuses démarches concertées entreprises par les associations de riverains et la coordination.

Porteuse des exigences formulées par les riverains, la délégation a réaffirmé la nécessité de réviser la loi Bachelot, favorable aux industriels mais ignorante des exigences des habitants et demandé la mise en place d’un moratoire dans l’attente d’un nouveau texte. Elle a sollicité la mise en place d’une commission nationale sur le thème précité à laquelle elle serait associée.

 

La représentante ministérielle s’est intéressée à notre représentativité et nous a interrogés pour connaître les relations que nous pouvions avoir avec d’autres organismes tel FNE par exemple.

 

Même si le mot « concertation » est souvent évoqué, nous avons contesté les formes visant à mettre en place les PPRT considérant que les riverains, les collectivités territoriales n’avaient pas la possibilité d’intervenir en amont de la prescription.

Concernant les études de danger proposées par le seul industriel accompagné le cas échéant par un bureau d’études, nous avons revendiqué la mise en place d’une étude technico-économique préalablement à l’installation d’une industrie classée.

Prenant appui sur les conséquences de la catastrophe de Toulouse, nous avons demandé le retour à l’étude déterministe prenant en charge le fait majorant au bénéfice de l’étude probabiliste qui exclut de fait les événements les plus improbables.



La représentante ministérielle a souhaité revenir sur certaines de nos déclarations :

 

Intéressée par le discours des riverains, la conseillère s’est félicitée de notre déplacement qui a permis de connaître l’expression directe des riverains concernés qui ne correspond pas forcément aux propos de leurs représentants dans les instances officielles !

 

Mme la conseillère a été intéressée par notre appréciation sur les études de danger et particulièrement sur l’incompatibilité entre la notion « économiquement acceptable » et la réduction des risques à la source point fondamental des PPRT

 

Consciente des démarches entreprises auprès des élu(e)s, de leurs interventions auprès de la Ministre, elle a exprimé la volonté gouvernementale de ne pas donner l’impression de « reculer » sur la nécessité des PPRT. « Le risque existe, il faut le gérer » dira-t-elle.

 

Elle ajoutera que dans le cadre des la gestion des risques, elle considère trois paramètres :

 

  • « assurer la protection maximale,

  • ne pas faire déménager tout le monde,

  • prendre en compte les aspects économiques ».

Les décisions prises sont alors un « compromis » entre les 3 considérations.

 

Un autre point abordé par la collaboratrice de la Ministre : le financement des travaux.

Nous lui avons rappelé une nouvelle fois que ce sujet n’était pas la priorité des riverains ni celui de la coordination, que nous considérions qu’il était de la responsabilité de l’industriel générateur des risques.

 

Affirmant rejoindre la demande des riverains (pas de financement), elle a annoncé la volonté du ministère de tendre vers un financement zéro ou de donner la priorité aux personnes en difficultés. Des mesures d’accompagnements des riverains pour l’élaboration des diagnostics seraient également proposées.Elle rejoint la position des Riverains qui déclarent ne vouloir rien payer, une étude est en cours et sera proposée lors de la prochaine loi des finances

 

Sur la concertation, qui certes a existé si on considère le nombre de réunions, les représentants des riverains ont dénoncé que sur certains PPRT tout était figé d’avance et qu’aucune de leurs propositions n’avait été retenue soit par l’industriel soit par la DREAL (mesures supplémentaires, logiciel 3D, ignifugation…). A l’évidence, Mme SZINKIER est sensible à cette appréciation



Nous sommes une nouvelle fois intervenus pour douter de la pertinence des travaux et leur efficacité à assurer la protection des riverains.

 

Nous avons également fait référence au texte élaboré par la commission d’enquête parlementaire présidée par François LOOS mise en place après l’explosion de l’usine AZF à Toulouse. Porteuse de 90 propositions, elle avait rendu ses travaux le 29 janvier 2002.

 

En conclusion à cette audience, nous avons rappelé notre détermination et la nécessité d’intervenir pour réduire les risques à la source.


-----------------------------------------

 

Notre appréciation générale

 

Cette réunion venant  après seulement 8 mois d'existence de la coordination est un élément positif qui montre que notre action que ce soit auprès des élus et sur le terrain est connue et reconnue, mais cette première réunion ne peut être qu'une étape. La frilosité des propos de notre interlocutrice et les incertitudes des propositions formulées, conduisent  les membres de la coordination à demander à  chaque association de  rappeler publiquement nos exigences et de multiplier les initiatives visant à les faire connaître.

Partager cet article

Repost 0
Published by PJCNina-CdP
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de PJCNina-CdP
  • Le blog de PJCNina-CdP
  • : Ce blog a été crée lors de l'ouverture du procès en 1ère instance, concernant l'explosion d'AZF, pour publier et commenter les résumés d'audience au fur et à mesure.
  • Contact

Recherche

Liens