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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 10:26

Journée technique organisée par le SPPPI à l’école des mines d’Albi le 31 janvier 2013

la vulnérabilité du bâti dans les périmètres à hauts risques couverts par des PPRT

 

Compte rendu des représentants de PJC nina

 

 

Cette journée était organisée par le SPPPI (secrétariat permanent pour la prévention des pollutions industrielles (ou S3PI) sur le thème de la vulnérabilité des bâtiments dans le cadre des PPRT, vis à vis des explosions, des incendies courts, des incendies longs, et des nuages de gaz toxique.

 

Etaient présents une trentaine d’administrations, une vingtaine d’industriels producteurs de risques, une douzaine de collectivités, et huit riverains dont deux industriels (sondage transmis par André Savall en début de séance).

 

Diverses présentations nous ont été faites. Elles sont en ligne sur le site de la DREAL Midi-Pyrénées / Prévention des risques / Concertation-Information / Secrétariat permanent pour la prévention des problèmes industriels/ SPPPI 2013/ Journée du 31-01-2013.

 

  • Notions sur la vulnérabilité du bâti

  • Notions sur la vulnérabilité du bâti, risque toxique

  • Vulnérabilité du bâti : études à mener dans les périmètres PPRT

  • Vulnérabilité du bâti : les référentiels techniques

  • Vulnérabilité du bâti : les référentiels techniques effets toxiques

  • Comment évaluer la résistance des ouvertures vitrées face aux risques de surpression ?

  • Combien coûte le confinement ?

  • Actualités des PPRT en région midi-Pyr

 

Nous recommandons à tout le monde d’aller chercher ces présentations.

 

En première conclusion, on peut dire que tout ce que nous avons dit à PJC sur les faiblesses techniques et administratives des travaux à effectuer dans le cadre des PPRT est largement confirmé  et sans doute au delà parce que les calculs que nous avions proposés se situaient en « statique », alors qu’une explosion est forcément « dynamique ». La résistance des parois est souvent faible voire très faible par rapport aux contraintes d’explosion ou d’incendie, et l’encadrement réglementaire des travaux (produit, conception du chantier, contrôle de l’exécution,…) est lui aussi très sous-dimensionné…..comme indiqué dans nos arguments, et encore quand il existe.

 

Deux jeunes ingénieurs du CETE de Lyon, Sandrine Charrier et Bruno Le Roux, nous ont fait des mignonnes présentations. De nombreuses choses sont exposées dans leurs présentations à aller chercher sur le site de la DREAL Mid-Py.

 

Quelques faits saillants :

 

Sandrine Charrier a fait état dans sa présentation sur la notion générale de vulnérabilité du bâti face à l’aléa toxique, de trois retours d’expérience de confinements réels aux USA dans les années 70 ou 80, une page étant nommée « le confinement, une efficacité démontrée » ! Elle a l’air d’y croire en vrai. A PJC, plus le temps passe et plus cela nous paraît être une légende urbaine. Il faudrait aller rendre visite à ce site qui parle de Pensacola (Floride) 1977, Texas City 1987, Pittsburg 1998, qui a compilé des informations dans « national institut for chemical studies (NICS) ». Après vérification il n'y a rien à télécharger, et aucune page sur le confinement (shelter-on place) dans ces 3 villes. Il y a peut-être une entrée « professionnelle », spécial DREAL et assimilés dans le monde, qui dispense des documents sur des retours d’expérience de confinement mais seulement aux structures favorables à la chimie. On notera que le « shelter on place » marche très bien aux USA, pays où les gens semblent disciplinés, mais l’acharnement du sort à forte idéologie anti-industrielle fait que nous ne disposons d’aucun exemple en France. Si le confinement a effectivement marché quelque part avec une « efficacité démontrée », cela ne s’est pas su. Confinement silencieux et modeste sans doute.

 

Sur le confinement, les recommandations d’étanchéité à l’air se font avec une différence de pression de 50 Pascal entre le dedans et le dehors, et sont données en fraction de volume total de la maison à l’heure, alors que l’étanchéité à l’air de la Réglementation thermique 2012, désormais obligatoire et entrée en vigueur au 1er janvier 2013, donne des mesures d’étanchéité à l’air en fraction de volume total de la maison à l’heure aussi, mais avec une différence de pression de 4 Pascal entre dedans et dehors. On obtient donc par exemple 0,6 Vol/heure, ce qui signifie que l’air se renouvelle pour 60% du volume total de la maison en une heure dans les 2 cas, mais avec des différences de pression très différentes. Ce 0,6 vol/h est considérablement plus étanche quand il doit se produire sous 50 Pascal de pression que quand il se produit sous 4 Pascal de pression. A notre avis, cette différence de mode de test n’est pas faite pour faciliter la lisibilité de l’étanchéité à l’air selon les circonstances…..

Le dispositif de confinement avec ses contraintes doit être inclus au projet de règlement du PPRT. L’objectif à atteindre : ne pas dépasser le SEI au bout de 2 heures de confinement. Les études d’étanchéité à l’air extérieur sont difficiles et pour l’instant l’Etat en a fait quelques unes, et il ya des aides pour les études et les travaux. Les 10% de la valeur vénale du bien comprend les diagnostics, les études de vulnérabilités et les travaux. Ça ce complique en fonction du niveau des aléas de M+ à TF+ il faut passer parr un bureau d’étude agrée, et obligatoire pour du non résidentiel.

 

Sur le coût du confinement, à notre avis, il faudrait le valider sur de beaucoup plus nombreuses opérations, histoire de voir comment tous ces travaux se moyennent. Nous n'avons pas été convaincus par leur expérimentation : en collectif de 20 logements, l’étude est divisée par 20 et la commande de matériel est moins onéreuse que pour un chantier d’une maison individuelle. Et surtout, nous ne savons pas si l’entreprise a fait son bilan après chantier.La fourchette de prix de 1175 euros à 7000 euros. Des études de cas sur du non résidentiel arrivent à un prix moyen de 226 euros HT/m2

 

Ce qui nous a le plus occupé pendant cette journée, c’est la résistance des fenêtres. Pour les toits, on nous a juste dit qu’il suffisait de doubler le nombre de fermettes : c’est un jeu qui doit être au moins aussi intéressant que le mikado et on a oublié de nous dire ce qu’on faisait pour le plafond accroché à ces fermettes : peut-être faut-il aussi le doubler ?…Et les murs semblent inébranlables. Plus précisément plus ou moins inébranlables : il y a 3 classes de matériaux de constitution des murs, avec par ordre décroissant de résistance à l’explosion, en premier le parpaing, en deuxième la brique cuite et en troisième le pisé (terre compactée). Alors que le plus évident bon sens nous dit que le pisé, beaucoup plus lourd, beaucoup plus épais et beaucoup plus élastique tiendra évidemment beaucoup mieux au choc de l’explosion, c’est un autre classement de résistance qui est exposé ici. Ce simple fait-là démontre à mon avis l’absence assez importante de sérieux de ce classement. Et par rapprochement ou contagion de tout le reste.

 

Nous avons pu percevoir que nos questions sur la chaîne de solidité des vitrages, des ouvrants, du cadre, des attaches sur les murs,…étaient si pertinentes qu’ils se les sont posées aussi. C’est bien. Salarié-e-s de la fonction publique, ils ont pris le temps et le salaire d’y répondre, en partie seulement.

 

A y bien réfléchir, en toute petite partie.

 

Tout d’abord, les volets roulants et les baies coulissantes ne vont pas au delà de 20 mbar. Donc aussitôt qu’on est dans une zone supérieure à 20 mbar, c’est fini, ça s’envole. A démonter et à remplacer, donc. Mais par quoi ?Par des ouvertures à la française ?

Les feuilles de plastique collés au vitrage sont très bien mais n’empêchent pas du tout l’explosion du vitrage, ni même la dispersion de petits couteaux de morceaux de verre de 25 cm de long qui partent à 3 mètres sous 50 mbar. Donc à éviter si l’on cherche à éviter d’être un hérisson de verre.

Les feuilles de plastique collés au vitrage et prises dans le battant de la fenêtre n’empêchent pas le battant ou le dormant de la fenêtre de partir à 50 mbar….A éviter aussi si l’on ne veut pas se retrouver avec toute la fenêtre dans la tête.

Seules résistent à 50 mbar de surpression, les fenêtres « anti-vandalismes » de 1,40 m de côté fixées par 12 équerres, vis et chevilles de résistance de 1670 N (167 kg) chacune. Pour qu’une fenêtre « anti-vandalisme » de 1,40 m de côté tienne à 50 mbar, il faut donc 12 points de fixation dimensionnés en tout à 2 tonnes de résistance pour tenir 2 mètres carrés ! L’estimation que nous en faisions était de la moitié, 1 tonne. La différence est probablement due au « dynamisme » de l’explosion (résister à une pression statiquede 50 mbar, n’induit apparemment pas les mêmes contraintes que résister à une pression dynamiquede 50 mbar).

On remarquera donc que les tests ont porté sur des fenêtres de dimensions moyennes. Pour les portes, on n’a rien su. Et la porte-fenêtres encore moins. Peut-être ne faut-il pas de portes ni de porte-fenêtres aux habitations situées dans les PPRT….

 

On n’a rien su non plus sur la résistance de ces menuiseries, ou d’autres, pour des pressions supérieures à 50 mbar. A noter que dans l’échelle de présentation des surpressions possibles, les échelles allaient jusqu’à 380 mbar…..Et probablement, c’est dans les fortes surpressions qu’on a le plus besoin d’être protégés. (20 mbar bris de vitres, 50 mbar seuil d’effets irréversibles, 140mbar Seuil d’effets létaux, et 140mbar seuils d’effets létaux significatifs, au-delà, hémorragies pulmonaire, rupture de tympan…donc on ne renforce pas au delà de 50mbar …on fuit et on exproprie). Pour une maison individuelle : de 50 à 140 mbar la charpente et les fenêtres sautent, de 140 à 200mbar « destructions significatives ».

 

La labellisation des fenêtres « PPRT », pour celles qui tiennent les 50 mbar, peut se faire au CETE de LYON. Qu’on se le dise et qu’on le dise aux menuisiers !

 

Effets thermiques : 3 seuils d’effets : 3 kW/m2 SEI, 5 kW/m2 SEL, 8kw/m2 SELS et bien sur ça dépend si c’est 2mn et continu ou en transitoire et à 500°C perte de propriétés mécanique, déformations et …effondrement

 

Pour toute question d’assurance, c’est « en dehors du domaine de compétence » de Bruno Le Roux, et pour les questions de professionnalisme des entreprises ou des donneurs d’ordre le CETE organise des stages. Dans lesquels, ils doivent produire sans doute les mêmes présentations que celles que nous avons vues, ……ce qui ne fait guère avancer les choses : en effet, dire qu’il faut une fenêtre qui résiste à 100 mbar, c’est bien, trouver un entreprise qui a fait le stage, c’est très bien, mais quand on a trouvé ça, si la fenêtre n’existe pas encore (et on ne voit pas quand elle existera), l’habitation n’est pas encore renforcée…..

 

Pour la question d’assurance, Mlle Vergnes de la Dreal MP nous a renvoyé à la question parlementaire de M. Blein : pour le propriétaire habitant, il n’y aura pas de suite juridique s’il n’a pas fait les travaux, ou s’ils ont été mal faits, (mais il n’est pas sûr que le remboursement de l’industriel ou de l’assurance ne soit pas amoindri). Pour le propriétaire bailleur, cela semble nettement plus préoccupant en termes de responsabilité vis à vis de son locataire….

Les travaux seront obligatoires pour les ERP alors que se seront des recommandations pour des logements

L’Etat n’impose pas des études ni de contrôle de terrain.

 

Actualité des PPRT en Midi-Pyrénées : Madame Vergnes de la Dréal :

-22 PPRT sur 7 départements, 39 communes, 45km2 et 3500 bâtiments « tiers » exposés à des risques.

- 82% des PPRT risques de surpression donc bris de vitres (entrepôts de produits et industrie chimique)

- 50% des PPRT on été approuvés

- 1/3 des PPRT études de vulnérabilité – sur 6/7 aléas M+ à TF+

Prise en charge par les collectivités locales et les industriels du diagnostic simple post PPRT

- Crédit d’impôt : 40% du montant des travaux prescrit par le PPRT avec plafond de 10 000 euros pour les célibataires, 20 000 euros pour un couple, + 400 euros par personnes à charge. Pour les non imposable ils auront un chèque du Trésor Public

- Exonération partielle de la taxe d’habitation dans un rayon de 3 km accord avec les collectivités locales mais pas les entreprises impactées qui peuvent défalquer les coûts des travaux de leurs bénéfices…

- Contribution financière possible des collectivités et des exploitants à raison de 25%

Perspectives à venir : abonder un fonds par les industriels, un interlocuteur unique, identifier les opérateurs susceptibles d’intervenir post PPRT

 

Nous n'avons pas noté les conclusions de M Savall, si non que « le confinement, même si ce n’est pas parfait, peut sauver des vies » et « qu’on ne peut rayer un siècle d’industrialisation »

 

M Alonso de la Dréal nous avait bien dit au début : « PPRT pour une culture du risque et de la sécurité ».

 

SPPPI 2013

31/01/2013 Présentation de la journée technique sur la vulnérabilité du bâti dans les périmètres à hauts risques couverts par des PPRT

 

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