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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 18:53

 

A ceux, dont nous étions, qui pensaient que s'il existait un ministère de la justice, c'est qu'il devait bien exister parfois un peu de justice, le jugement apporté par le tribunal de Toulouse le 19 novembre a délibérement adressé le message de la fin des illusions : Total ne peut pas être condamné, ne pouvait pas être condamné, et ne sera jamais condamné !

 

Après avoir lu pendant près d'une heure la longue litanie des fautes commises par Total dans cette affaire, depuis l'usine en fonctionnement avant l'explosion, jusqu'à l'attitude de sa défense lors du procès en passant par les dérives de l'enquête, constatant même l'entrave à l'enquête opérée par Total qui a délibérément effacé les traces de ses manquements, le président a conclu contre toute attente et toute logique par la relaxe générale !

 

Somme toute, ce n'est pas très étonnant. Lors de son réquisitoire de juin, le procureur avait fait de même: huit heures à nous rappeler là aussi la longue liste des manquements de l'industriel, pour finir en ne demandant rien pour Total et Desmarets, et une peine tout juste symbolique pour Grande Paroisse, filiale de Total et son directeur d'usine locale.

 

En remontant plus loin, on peut tout autant constater que dès le 25 septembre 2001 soit 4 jours après l'explosion, le procureur de l'époque avait déclaré: « c'est un accident industriel à 90% ». Huit ans après, la justice en est restée à cette proportion de conviction et a délibérement conclu que le « lien certain » n'étant pas atteint, elle ne pouvait condamner Total.

 

L'explosion d'AZF avait atteint des personnes et des biens, mais elle avait aussi atteint des liens sociaux, des voisinages, des cultures, des microsociétés de quartier. Elle avait considérablement atteint la confiance sociale que chacun pouvait éprouver à l'égard de l'administration chargée du contrôle de ces usines et de l'organisation des secours ou de la reconstruction. Une béance s'était ouverte entre la société locale, atomisée par le choc du 21 septembre et les organismes publics ou privés en charge de la sécurité au quotidien.

 

Cet état de dégradation anti-sociale durait depuis huit ans, sans cesse entretenu par l'industriel et ses affidés. Les déclarations mensongères de la défense du groupe le disputaient aux rumeurs racistes et nauséeuses lancées par d'anciens salariés, l'institution dite de la justice assistant à l'accomplissement de cette stratégie, pour le coup parfaitement organisée, sans mot dire.

 

Là où la charge aujourd'hui est inacceptable pour les toulousain-e-s, c'est quand le tribunal reconnaît dans son jugement que Total a usé de diverses « tromperies » à l'encontre de la justice. C'est d'une inqualifiale violence à l'égard des sinsistrés puisque lors de l'enquête à plusieurs reprises, des associations avaient demandé à la justice d'ouvrir une enquête pour « entrave » et que tardivement ouverte, cette enquête fut aussitôt refermée sans renvoi devant le tribunal.

 

Si Total a usé de «tromperies », comment faut-il appeler ce dont a usé la justice?

 

Association Plus Jamais Ça, Ni ici ni ailleurs — Croix de Pierre Toulouse le 20/11/2009

 

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  • : Ce blog a été crée lors de l'ouverture du procès en 1ère instance, concernant l'explosion d'AZF, pour publier et commenter les résumés d'audience au fur et à mesure.
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